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L’Odyssée d’Homère | Chant 2 | Episode 1

Plongez dans les premières pages de *L’Odyssée* d’Homère : une ouverture mythique où se dessinent les thèmes du voyage, de la mémoire et de l’identité. Analyse littéraire et éclairage culturel sur l’un des récits fondateurs de la civilisation occidentale.

L'odyssée illustration visuelle 8

Quand Eôs aux doigts rosés, née au matin, apparut, le cher fils
d’Odysseus quitta son lit.

Et il se vêtit, et il suspendit une épée
à ses épaules, et il attacha de belles sandales à ses pieds brillants, et, semblable à un dieu, il se hâta de sortir de sa chambre.
Aussitôt, il ordonna aux hérauts à la voix éclatante de convoquer
les akhaiens chevelus à l’agora.

Et ils les convoquèrent, et ceux-ci se réunirent rapidement.

Et quand ils furent réunis, Tèlémakhos
se rendit à l’agora, tenant à la main une lance d’airain.

Et il n’était point seul, mais deux chiens rapides le suivaient.

Et Pallas avait répandu sur lui une grâce divine, et les peuples l’admiraient tandis qu’il s’avançait.

Et il s’assit sur le siège de son père, que les
vieillards lui cédèrent.


Et, aussitôt parmi eux, le héros aigyptios parla le premier. Il était
courbé par la vieillesse et il savait beaucoup de choses.

Et son fils bien-aimé, le brave antiphos, était parti, sur les nefs creuses, avec
le divin Odysseus, pour Ilios, nourrice de beaux chevaux ; mais
le féroce Kyklôps l’avait tué dans sa caverne creuse, et en avait
fait son dernier repas. Il lui restait trois autres fils, et un d’entre
eux, Eurynomos, était parmi les prétendants. Les deux autres s’occupaient assidûment des biens paternels.

Mais aigyptios gémissait et se lamentait, n’oubliant point antiphos.

Et il parla ainsi en pleurant, et il dit :

– Écoutez maintenant, Ithakèsiens, ce que je vais dire.
Nous n’avons jamais réuni l’agora, et nous ne nous y sommes
point assis depuis que le divin Odysseus est parti sur ses nefs
creuses. Qui nous rassemble ici aujourd’hui ? Quelle nécessité le
presse ? Est-ce quelqu’un d’entre les jeunes hommes ou d’entre les
vieillards ? a-t-il reçu quelque nouvelle de l’armée, et veut-il nous
dire hautement ce qu’il a entendu le premier ? Ou désire-t-il par
ler de choses qui intéressent tout le peuple ? Il me semble plein de
justice. Que Zeus soit propice à son dessein, quel qu’il soit.


Il parla ainsi, et le cher fils d’Odysseus se réjouit de cette louange,
et il ne resta pas plus longtemps assis, dans son désir de parler.

Et il se leva au milieu de l’agora, et le sage héraut Peisènôr lui mit le
sceptre en main.

Et, se tournant vers aigyptios, il lui dit :

– Ô vieillard, il n’est pas loin, et, dès maintenant, tu peux le voir,
celui qui a convoqué le peuple, car une grande douleur m’accable.
Je n’ai reçu aucune nouvelle de l’armée que je puisse vous rappor
ter hautement après l’avoir apprise le premier, et je n’ai rien à dire qui intéresse tout le peuple ; mais j’ai à parler de mes propres intérêts et du double malheur tombé sur ma demeure ; car, d’une part,
j’ai perdu mon père irréprochable, qui autrefois vous comman
dait, et qui, pour vous aussi, était doux comme un père ; et, d’un
autre côté, voici maintenant, – et c’est un mal pire qui détruira
bientôt ma demeure et dévorera tous mes biens, – que des pré
tendants assiègent ma mère contre sa volonté.
Et ce sont les fils bien-aimés des meilleurs d’entre ceux qui siègent
ici.

Et ils ne veulent point se rendre dans la demeure d’Ikarios,
père de Pènélopéia, qui dotera sa fille et la donnera à qui lui
plaira davantage.

Et ils envahissent tous les jours notre demeure,
tuant mes bœufs, mes brebis et mes chèvres grasses, et ils en font
des repas magnifiques, et ils boivent mon vin noir effrontément
et dévorent tout.

Il n’y a point ici un homme tel qu’Odysseus qui
puisse repousser cette ruine loin de ma demeure, et je ne puis
rien, moi qui suis inhabile et sans force guerrière.

Certes, je le ferais si j’en avais la force, car ils commettent des actions intolé
rables, et ma maison périt honteusement.
Indignez-vous donc, vous-mêmes.

Craignez les peuples voisins
qui habitent autour d’Ithakè, et la colère des dieux qui puniront
ces actions iniques.

Je vous supplie, par Zeus Olympien, ou par
Thémis qui réunit ou qui disperse les agoras des hommes, venez à mon aide, amis, et laissez-moi subir au moins ma douleur dans
la solitude.

Si jamais mon irréprochable père Odysseus a opprimé
les akhaiens aux belles knèmides, et si, pour venger leurs maux,
vous les excitez contre moi, consumez plutôt vous-mêmes mes
biens et mes richesses ; car, alors, peut-être verrions-nous le jour
de l’expiation.

Nous pourrions enfin nous entendre devant tous,
expliquant les choses jusqu’à ce qu’elles soient résolues.
Il parla ainsi, irrité, et il jeta son sceptre contre terre en versant
des larmes, et le peuple fut rempli de compassion, et tous res
taient dans le silence, et nul n’osait répondre aux paroles irritées
de Tèlémakhos.


Et antinoos seul, lui répondant, parla ainsi :

– Tèlémakhos, agorète orgueilleux et plein de colère, tu as parlé
en nous outrageant, et tu veux nous couvrir d’une tache honteuse.
Les prétendants akhaiens ne t’ont rien fait. C’est plutôt ta mère,
qui, certes, médite mille ruses. Voici déjà la troisième année, et
bientôt la quatrième, qu’elle se joue du cœur des akhaiens. Elle
les fait tous espérer, promet à chacun, envoie des messages et
médite des desseins contraires. Enfin, elle a ourdi une autre ruse…

PS : Dans le silence des siècles, certaines voix reprennent vie. Elles sont à tous, car elles n’appartiennent plus à personne. GMSavenue les fait résonner à nouveau, les pare de lumière. Cependant, toute parure forgée par notre plume demeure notre création. Respectez la frontière entre le passé retrouvé et l’œuvre d’aujourd’hui.

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