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L’Odyssée d’Homère | Chant 1 | Episode 6

Plongez dans les premières pages de *L’Odyssée* d’Homère : une ouverture mythique où se dessinent les thèmes du voyage, de la mémoire et de l’identité. Analyse littéraire et éclairage culturel sur l’un des récits fondateurs de la civilisation occidentale.

L'odyssée illustration visuelle 6

Moi, je supplierai les Dieux qui vivent toujours, afin que Zeus
ordonne que votre action soit punie, et vous périrez peut-être
sans vengeance dans cette demeure.


Il parla ainsi, et tous, se mordant les lèvres, s’étonnaient que
Tèlémakhos parlât avec cette audace.

Et antinoos, fils d’Eupeithès, lui répondit :

– Tèlémakhos, certes, les Dieux mêmes t’enseignent à parler
haut et avec audace ; mais puisse le Kroniôn ne point te faire roi
dans Ithakè entourée des flots, bien qu’elle soit ton héritage par
ta naissance !


Et le sage Tèlémakhos lui répondit :

– Antinoos, quand tu t’irriterais contre moi à cause de mes paroles,
je voudrais être roi par la volonté de Zeus. Penses-tu qu’il soit
mauvais de l’être parmi les hommes ? Il n’est point malheureux de régner. On possède une riche demeure, et on est honoré. Mais beaucoup d’autres rois akhaiens, jeunes et vieux, sont dans
Ithakè entourée des flots. Qu’un d’entre eux règne, puisque le
divin Odysseus est mort. Moi, du moins, je serai le maître de la
demeure et des esclaves que le divin Odysseus a conquis pour moi.


Et Eurymakhos, fils de Polybos, lui répondit :

– Tèlémakhos, il appartient aux Dieux de décider quel sera
l’akhaien qui régnera dans Ithakè entourée des flots.
Pour toi, possède tes biens et commande en ta demeure, et que
nul ne te dépouille jamais par violence et contre ton gré, tant que
Ithakè sera habitée. Mais je veux, ami, t’interroger sur cet étran
ger. D’où est-il ? De quelle terre se vante-t-il de sortir ? Où est
sa famille ? Où est son pays ? Apporte-t-il quelque nouvelle du
retour de ton père ? Est-il venu réclamer une dette ? Il est parti
promptement et n’a point daigné se faire connaître. Son aspect,
d’ailleurs, n’est point celui d’un misérable.


Et le sage Tèlémakhos lui répondit :

– Eurymakhos, certes, mon père ne reviendra plus, et je n’en croi
rais pas la nouvelle, s’il m’en venait ; et je ne me soucie point des prédictions que ma mère demande au divinateur qu’elle a appelé
dans cette demeure. Mais cet hôte de mes pères est de Taphos ; et
il se vante d’être Mentès, fils du brave ankhialos, et il commande
aux Taphiens, amis des avirons.


Et Tèlémakhos parla ainsi ; mais, dans son cœur, il avait reconnu
la déesse immortelle. Donc, les prétendants, se livrant aux danses
et au chant, se réjouissaient en attendant le soir, et comme ils se
réjouissaient, la nuit survint. alors, désirant dormir, chacun d’eux
rentra dans sa demeure.


Et Tèlémakhos monta dans la chambre haute qui avait été
construite pour lui dans une belle cour, et d’où l’on voyait de
tous côtés.


Et il se coucha, l’esprit plein de pensées.

Et la sage Eurykléia portait des flambeaux allumés et elle était fille d’Ops Peisènôride, et
Laertès l’avait achetée, dans sa première jeunesse, et payée du prix
de vingt bœufs, et il l’honorait dans sa demeure, autant qu’une
chaste épouse ; mais il ne s’était point uni à elle, pour éviter la
colère de sa femme. Elle portait des flambeaux allumés auprès de
Tèlémakhos, étant celle qui l’aimait le plus, l’ayant nourri et élevé
depuis son enfance. Elle ouvrit les portes de la chambre solide
ment construite. Et il s’assit sur le lit, ôta sa molle tunique et la remit entre les mains de la vieille femme aux sages conseils.

Elle plia et arrangea la tunique avec soin et la suspendit à un clou
auprès du lit sculpté.

Puis, sortant de la chambre, elle attira la
porte par un anneau d’argent dans lequel elle poussa le verrou
à l’aide d’une courroie.

Et Tèlémakhos, couvert d’une toison de
brebis, médita, pendant toute la nuit, le voyage que athènè lui
avait conseillé.


PS: Les mots que nous diffusons ont traversé le temps. Libres enfin, ils voguent sur les pages du domaine public. GMSavenue leur offre un nouveau souffle, sans jamais trahir leur âme. Mais l’écrin que nous façonnons – notes, formes, interprétations – reste précieux et protégé. Qu’on lise, qu’on rêve… mais sans copier l’ombre du travail accompli.

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