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L’Odyssée d’Homère | Chant 1 | Episode 3

Plongez dans les premières pages de *L’Odyssée* d’Homère : une ouverture mythique où se dessinent les thèmes du voyage, de la mémoire et de l’identité. Analyse littéraire et éclairage culturel sur l’un des récits fondateurs de la civilisation occidentale.

L'odyssée illustration visuelle 6

Ayant ainsi parlé, il le conduisit, et Pallas athènè le suivit.

Et lorsqu’ils furent entrés dans la haute demeure, il appuya la lance
contre une longue colonne, dans un arsenal luisant où étaient
déjà rangées beaucoup d’autres lances d’Odysseus à l’âme ferme
et patiente.

Et il fit asseoir athènè, ayant mis un beau tapis bien
travaillé sur le thrône, et, sous ses pieds, un escabeau. Pour lui
même il plaça auprès d’elle un siège sculpté, loin des préten
dants, afin que l’étranger ne souffert point du repas tumultueux,
au milieu de convives injurieux, et afin de l’interroger sur son
père absent.

Et une servante versa, pour les ablutions, de l’eau dans un bassin
d’argent, d’une belle aiguière d’or ; et elle dressa auprès d’eux une
table luisante.

Puis, une intendante vénérable apporta du pain et
couvrit la table de mets nombreux et réservés ; et un découpeur servit les plats de viandes diverses et leur offrit des coupes d’or ; et un héraut leur servait souvent du vin.

Et les prétendants insolents entrèrent. Ils s’assirent en ordre sur
des sièges et sur des thrônes : et des hérauts versaient de l’eau
sur leurs mains ; et les servantes entassaient le pain dans les cor
beilles, et les jeunes hommes emplissaient de vin les kratères.

Puis, les prétendants mirent la main sur les mets ; et, quand leur faim
et leur soif furent assouvies, ils désirèrent autre chose, la danse
et le chant, ornements des repas. Et un héraut mit une très belle
kithare aux mains de Phèmios, qui chantait là contre son gré.

Et il joua de la kithare et commença de bien chanter.

Mais Tèlémakhos dit à athènè aux yeux clairs, en penchant la tête,
afin que les autres ne pussent entendre :

– Cher Étranger, seras-tu irrité de mes paroles ? La kithare et le
chant plaisent aisément à ceux-ci, car ils mangent impunément
le bien d’autrui, la richesse d’un homme dont les ossements blanchis pourrissent à la pluie, quelque part, sur la terre ferme ou dans les flots de la mer qui les roule.

Certes, s’ils le voyaient de retour à Ithakè, tous préféreraient des
pieds rapides à l’abondance de l’or et aux riches vêtements ! Mais
il est mort, subissant une mauvaise destinée ; et il ne nous reste
plus d’espérance, quand même un des habitants de la terre nous
annoncerait son retour, car ce jour n’arrivera jamais.

Mais parle-moi, et réponds sincèrement. Qui es-tu, et de quelle
race ? Où est ta ville et quels sont tes parents ? Sur quelle nef es-tu
venu ? Quels matelots t’ont conduit à Ithakè, et qui sont-ils ? Car
je ne pense pas que tu sois venu à pied. Et dis-moi vrai, afin que
je sache : viens-tu pour la première fois, ou bien es-tu un hôte de
mon père ? Car beaucoup d’hommes connaissent notre demeure,
et Odysseus aussi visitait les hommes.

Et la Déesse athènè aux yeux clairs lui répondit :

– Je te dirai des choses sincères. Je me vante d’être Mentès, fils du
brave ankhialos, et je commande aux Taphiens, amis des avirons. Et voici que j’ai abordé ici avec une nef et des compagnons, voguant sur la noire mer vers des hommes qui parlent une langue
étrangère, vers Témésè, où je vais chercher de l’airain et où je
porte du fer luisant. Et ma nef s’est arrêtée là, près de la campagne,
en dehors de la ville, dans le port Rhéitrôs, sous le Néios couvert
de bois. Et nous nous honorons d’être unis par l’hospitalité, dès
l’origine, et de père en fils.

Tu peux aller interroger sur ceci le vieux Laertès, car on dit qu’il
ne vient plus à la ville, mais qu’il souffre dans une campagne éloi
gnée, seul avec une vieille femme qui lui sert à manger et à boire,
quand il s’est fatigué à parcourir sa terre fertile plantée de vignes.
Et je suis venu, parce qu’on disait que ton père était de retour ;
mais les Dieux entravent sa route. Car le divin Odysseus n’est
point encore mort sur la terre ; et il vit, retenu en quelque lieu de
la vaste mer, dans une île entourée des flots ; et des hommes rudes
et farouches, ses maîtres, le retiennent par la force.

Mais, aujourd’hui, je te prédirai ce que les immortels m’inspirent
et ce qui s’accomplira, bien que je ne sois point un divinateur et
que j’ignore les augures. Certes, il ne restera point longtemps
loin de la chère terre natale, même étant chargé de liens de fer. Et
il trouvera les moyens de revenir, car il est fertile en ruses. Mais
parle, et dis-moi sincèrement si tu es le vrai fils d’Odysseus lui
même. Tu lui ressembles étrangement par la tête et la beauté
des yeux. Car nous nous sommes rencontrés souvent, avant son
départ pour Troiè, où allèrent aussi, sur leurs nefs creuses, les
autres chefs argiens. Depuis ce temps je n’ai plus vu Odysseus, et
il ne m’a plus vu.

Et le sage Tèlémakhos lui répondit :– Étranger, je te dirai des choses très sincères. Ma mère dit que je
suis fils d’Odysseus, mais moi, je n’en sais rien, car nul ne sait par
lui-même qui est son père.


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