I. La tradition revisitée
Dans une petite ville espagnole, la coutume des douze raisins à minuit était respectée depuis des générations. Mais en cette fin d’année 2025, une rumeur circulait : un vieil horloger avait découvert une variante oubliée de la tradition. Selon lui, chaque raisin avalé à minuit pouvait exaucer un vœu… mais à condition d’accepter un prix caché.
Les habitants riaient de cette légende, sauf Clara, une jeune femme en quête de changement. Elle décida de tenter l’expérience.
II. Le premier vœu
À minuit, Clara avala son premier raisin en murmurant : « Je veux la chance. »
Le lendemain, elle trouva un billet de loterie gagnant. Mais en rentrant chez elle, elle découvrit que son voisin avait perdu son emploi. La chance semblait s’être déplacée, comme si son vœu avait volé la fortune de quelqu’un d’autre.
III. Les vœux suivants
Intriguée, Clara continua.
- Au deuxième raisin, elle demanda l’amour. Elle rencontra un homme charmant, mais il était déjà fiancé.
- Au troisième, elle souhaita la santé. Son rhume disparut, mais sa meilleure amie tomba malade.
- Au quatrième, elle demanda la paix intérieure. Elle se sentit apaisée, mais son frère entra dans une violente dispute.
Chaque vœu se réalisait, mais toujours au détriment de quelqu’un d’autre. Clara comprit que les douze raisins étaient liés à un équilibre invisible.
IV. La tentation
À mesure que les minutes passaient, Clara hésitait. Devait-elle continuer ? Les raisins restants semblaient la défier. Elle se dit que peut-être, au douzième, elle pourrait réparer les déséquilibres. Mais la tentation était forte : richesse, gloire, pouvoir… Chaque raisin était une promesse.
V. Le dernier raisin
Arrivée au douzième, Clara ferma les yeux. Elle murmura :
— Je veux que mes vœux cessent de prendre aux autres.
Le raisin éclata dans sa bouche, amer. Elle sentit une chaleur étrange, comme si ses précédents vœux s’effaçaient. Le billet de loterie disparut, l’homme charmant s’éloigna, sa santé redevint fragile. Mais autour d’elle, les choses se rééquilibrèrent : son amie guérit, son frère retrouva le calme, son voisin trouva un nouvel emploi.
VI. La chute
Clara comprit que les douze vœux interdits n’étaient pas une bénédiction, mais une leçon. Chaque désir avait un prix, chaque fortune un revers. Elle décida de garder la tradition des raisins, mais sans vœux. Désormais, elle les mangerait simplement comme un rappel : le Nouvel An n’est pas fait pour prendre, mais pour partager.
Et dans la ville, la rumeur continua de circuler. Certains osaient encore tenter les vœux interdits. Mais Clara, elle, savait que le véritable miracle était d’entrer dans l’année nouvelle sans voler le destin des autres.


