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TOUR D’AFRIQUE DU LIVRE | Episode 5 – Naguib Mahfouz (Égypte) : prophète du roman, chroniqueur du sacré

Dans ce tour d’Afrique du livre, Mahfouz est notre passeur. Il nous tend la main depuis les ruelles du Caire pour nous inviter à penser, rêver, et écrire ensemble.

CAN

Naguib Mahfouz, architecte du roman arabe moderne, offre avec La trilogie du Caire et Children of Gebelawi deux fresques littéraires qui sondent l’âme égyptienne et universelle. Ces œuvres inaugurent notre escale en Égypte dans Le tour d’Afrique du livre, révélant un continent en dialogue avec ses mythes, ses ruelles et ses révolutions.

Naguib Mahfouz – Égypte

Œuvres phares : La trilogie du Caire (1956–1957), Children of Gebelawi (1959)

Dans les ruelles du Caire, l’histoire devient chair. Avec La trilogie du CaireImpasse des deux palais, Le Palais du désir, Le Jardin du passé — Mahfouz compose une saga familiale sur trois générations, centrée sur la famille Abd al-Jawad. Le patriarche tyrannique, ses enfants tiraillés entre tradition et modernité, et les bouleversements politiques du XXe siècle égyptien s’entrelacent dans une prose dense et vivante. Le Caire y est un personnage à part entière : ses souks, ses minarets, ses murmures nocturnes. Mahfouz y peint la lente érosion du patriarcat, l’éveil des femmes, la montée du nationalisme — tout en gardant une tendresse pour les contradictions humaines.

Avec Children of Gebelawi, Mahfouz quitte le réalisme pour la parabole. Ce roman allégorique, interdit longtemps en Égypte, retrace l’histoire de l’humanité à travers les figures de Gebelawi (Dieu), ses enfants (inspirés de prophètes comme Moïse, Jésus, Mahomet), et les luttes de leur descendance dans une ruelle misérable du Caire. Chaque fils incarne une quête spirituelle ou révolutionnaire, mais tous échouent à instaurer une justice durable. Mahfouz y interroge la transmission du sacré, la corruption du pouvoir, et la possibilité d’un salut par la connaissance. C’est une œuvre audacieuse, mystique, et profondément humaine.

Pourquoi ces œuvres comptent dans Le tour d’Afrique du livre

  • Elles fondent le roman arabe moderne : Mahfouz est le premier écrivain arabe à recevoir le prix Nobel de littérature (1988), et ses œuvres ont influencé des générations d’auteurs du Maghreb au Levant.
  • Elles articulent le local et l’universel : Le Caire devient le miroir de toutes les villes africaines en mutation, et les dilemmes de ses personnages résonnent avec ceux du continent.
  • Elles invitent à la réflexion collective : Sur la famille, la foi, la justice, la mémoire — autant de thèmes qui nourrissent le dialogue africain et diasporique.

A venir sur GMSavenue !

  • Lecture collective de Children of Gebelawi, suivie d’un débat sur les figures prophétiques et leur résonance contemporaine.
  • Mahfouz et les écrivains africains du sacré et du politique : Chinua Achebe, Assia Djebar, Ngũgĩ wa Thiong’o.

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