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L’Odyssée d’Homère | Chant 3 | Episode 3

Plongez dans les premières pages de *L’Odyssée* d’Homère : une ouverture mythique où se dessinent les thèmes du voyage, de la mémoire et de l’identité. Analyse littéraire et éclairage culturel sur l’un des récits fondateurs de la civilisation occidentale.

L'odyssée illustration visuelle 8

Et ceux-ci avaient convo
qué tous les akhaiens à l’agora, sans raison et contre l’usage, au
coucher de Hèlios, et les fils des akhaiens y vinrent, alourdis
par le vin, et les atréides leur expliquèrent pourquoi ils avaient
convoqué le peuple.

Alors Ménélaos leur ordonna de songer
au retour sur le vaste dos de la mer ; mais cela ne plut point à
agamemnôn, qui voulait retenir le peuple et sacrifier de saintes
hécatombes, afin d’apaiser la violente colère d’athènè.

Et l’insensé ne savait pas qu’il ne pourrait l’apaiser, car l’esprit des Dieux
éternels ne change point aussi vite.

Et tandis que les atréides,
debout, se disputaient avec d’âpres paroles, tous les akhaiens aux
belles knèmides se levèrent, dans une grande clameur, pleins de
résolutions contraires.


Et nous dormîmes pendant la nuit, méditant un dessein fatal,
car Zeus préparait notre plus grand malheur.

Et, au matin, traînant nos nefs à la mer divine, nous y déposâmes notre butin et
les femmes aux ceintures dénouées.

Et la moitié de l’armée resta
auprès du Roi atréide agamemnôn ; et nous, partant sur nos nefs,
nous naviguions.

Un dieu apaisa la mer où vivent les monstres, et, parvenus promp
tement à Ténédos, nous fîmes des sacrifices aux dieux, désirant
revoir nos demeures.

Mais Zeus irrité, nous refusant un prompt
retour, excita de nouveau une fatale dissension.

Et quelques
uns, remontant sur leurs nefs à double rang d’avirons, et parmi
eux était le roi Odysseus plein de prudence, retournèrent vers
l’atréide agamemnôn, afin de lui complaire.


Pour moi, ayant réuni les nefs qui me suivaient, je pris la fuite,
car je savais quels malheurs préparait le dieu.

Et le brave fils de Tydeus, excitant ses compagnons, prit aussi la fuite ; et le blond
Ménélaos nous rejoignit plus tard à Lesbos, où nous délibérions
sur la route à suivre. Irions-nous par le nord de l’âpre Khios, ou
vers l’île Psyriè, en la laissant à notre gauche, ou par le sud de
Khios, vers Mimas battue des vents ?

Ayant supplié Zeus de nous montrer un signe, il nous le montra et nous ordonna de traver
ser le milieu de la mer d’Euboia, afin d’éviter notre perte.

Et un vent sonore commença de souffler ; et nos nefs, ayant parcouru
rapidement les chemins poissonneux, arrivèrent dans la nuit à
Géraistos ; et là, après avoir traversé la grande mer, nous brûlâmes
pour Poseidaôn de nombreuses cuisses de taureaux.


Le quatrième jour, les nefs égales et les compagnons du domp
teur de chevaux Tydéide Diomèdès s’arrêtèrent dans argos, mais je continuai ma route vers Pylos, et le vent ne cessa pas depuis qu’un dieu lui avait permis de souffler.


C’est ainsi que je suis arrivé, cher fils, ne sachant point quels sont
ceux d’entre les akhaiens qui se sont sauvés ou qui ont péri.

Mais
ce que j’ai appris, tranquille dans mes demeures, il est juste que tu
en sois instruit, et je ne te le cacherai point. On dit que l’illustre
fils du magnanime akhilleus a ramené en sûreté les Myrmidones
habiles à manier la lance.

Philoktètès, l’illustre fils de Paian, a aussi ramené les siens, et Idoméneus a reconduit dans la Krètè
ceux de ses compagnons qui ont échappé à la guerre, et la mer ne
lui en a ravi aucun.

Tu as entendu parler de l’atréide, bien qu’ha
bitant au loin ; et tu sais comment il revint, et comment aigisthos
lui infligea une mort lamentable.

Mais le meurtrier est mort
misérablement, tant il est bon qu’un homme laisse un fils qui le
venge.

Et Orestès a tiré vengeance d’aigisthos qui avait tué son
illustre père.

Et toi, ami, que je vois si beau et si grand, sois brave,
afin qu’on parle bien de toi parmi les hommes futurs.


Et le prudent Tèlémakhos lui répondit :

– Ô Nestôr Nèlèiade, grande gloire des akhaiens, certes, Orestès
a tiré une juste vengeance, et tous les akhaiens l’en glorifient, et
les hommes futurs l’en glorifieront.

Plût aux dieux que j’eusse la force de faire expier aux prétendants les maux qu’ils me font et
l’opprobre dont ils me couvrent. Mais les dieux ne nous ont point
destinés à être honorés, mon père et moi, et, maintenant, il me
faut tout subir avec patience.


Et le cavalier Gérennien Nestôr lui répondit :

– Ô ami, ce que tu me dis m’a été rapporté, que de nombreux pré
tendants, à cause de ta mère, t’opprimaient dans ta demeure. Mais,
dis-moi, souffres-tu ces maux sans résistance, ou bien les peuples,
obéissant à l’oracle d’un dieu, t’ont-ils pris en haine ! Qui sait si
Odysseus ne châtiera pas un jour leur iniquité violente, seul, ou
aidé de tous les akhaiens ?

Qu’athènè aux yeux clairs puisse t’ai
mer autant qu’elle aimait le glorieux Odysseus, chez le peuple des
Troiens, où, nous, akhaiens, nous avons subi tant de maux !

Non,
je n’ai jamais vu les Dieux aimer aussi manifestement un homme
que Pallas athènè aimait Odysseus. Si elle voulait t’aimer ainsi et
te protéger, chacun des prétendants oublierait bientôt ses désirs
de noces !

Et le prudent Tèlémakhos lui répondit :

– Ô vieillard, je ne pense pas que ceci arrive jamais.

Les grandes choses que tu prévois me troublent et me jettent dans la stupeur.


Elles tromperaient mes espérances, même si les dieux le voulaient.


Alors, Athènè, la déesse aux yeux clairs, lui répondit :

– Tèlémakhos, quelle parole s’est échappée d’entre tes dents ! Un
dieu peut aisément sauver un homme, même de loin.


J’aimerais mieux, après avoir subi de nombreuses douleurs, revoir
le jour du retour et revenir dans ma demeure, plutôt que de
périr à mon arrivée, comme agamemnôn par la perfidie d’ai
gisthos et de Klytaimnestrè.

Cependant, les dieux eux-mêmes ne
peuvent éloigner de l’homme qu’ils aiment la mort commune à
tous, quand la Moire fatale de la rude mort doit les saisir.


Et le prudent Tèlémakhos lui répondit :

– Mentôr, n’en parlons pas plus longtemps, malgré notre tristesse.
Odysseus ne reviendra jamais, et déjà les dieux immortels lui
ont infligé la mort et la noire kèr.

Maintenant, je veux interroger
Nestôr, car il l’emporte sur tous par l’intelligence et par la justice.

Ô Nestôr Nèlèiade, dis-moi la vérité ; comment a péri l’atréide
agamemnôn qui commandait au loin ? Quelle mort lui préparait
le perfide aigisthos ?

Certes, il a tué un homme qui lui était bien
supérieur. Où était Ménélaos ?

Non dans l’argos akhaïque, sans
doute ; et il errait au loin parmi les hommes, et aigisthos, en son
absence, a commis le meurtre.


Et le cavalier Gérennien Nestôr lui répondit :

– Certes, mon enfant, je te dirai la vérité sur ces choses, et tu les
sauras, telles qu’elles sont arrivées.

Si le blond Ménélaos atréide, à son retour de Troiè, avait trouvé, dans ses demeures, aigisthos
vivant, sans doute celui-ci eût péri, et n’eût point été enseveli, et
les chiens et les oiseaux carnassiers l’eussent mangé, gisant dans
la plaine, loin d’argos ; et aucune akhaienne ne l’eût pleuré, car il
avait commis un grand crime.


En effet, tandis que nous subissions devant Ilios des combats
sans nombre, lui, tranquille en une retraite, dans argos nourrice
de chevaux, séduisait par ses paroles l’épouse agamemnonienne.


Et certes, la divine Klytaimnestrè repoussa d’abord cette action
indigne, car elle obéissait à ses bonnes pensées ; et auprès d’elle
était un aoide à qui l’atréide, en partant pour Troiè, avait confié
la garde de l’Épouse.

Mais quand la moire des dieux eut décidé que l’aoide mour
rait, on jeta celui-ci dans une île déserte et on l’y abandonna
pour être déchiré par les oiseaux carnassiers.

Alors, ayant tous
deux les mêmes désirs, aigisthos conduisit Klytaimnestrè dans
sa demeure. Et il brûla de nombreuses cuisses sur les autels des
dieux, et il y suspendit de nombreux ornements et des vête
ments d’or, parce qu’il avait accompli le grand dessein qu’il n’eût
jamais osé espérer dans son âme.


Et nous naviguions loin de
Troiè, l’atréide et moi, ayant l’un pour l’autre la même amitié.


Mais, comme nous arrivions à Sounios, sacré promontoire des
athènaiens, Phoibos apollôn tua soudainement de ses douces
flèches le pilote de Ménélaos, Phrontis Onètoride, au moment
où il tenait le gouvernail de la nef qui marchait.

Et c’était le plus habile de tous les hommes à gouverner une nef, aussi souvent que
soufflaient les tempêtes.

Et Ménélaos, bien que pressé de conti
nuer sa course, s’arrêta en ce lieu pour ensevelir son compagnon
et célébrer ses funérailles.


Puis, reprenant son chemin à travers la mer sombre, sur ses
nefs creuses, il atteignit le promontoire Maléien.

Alors Zeus à la
grande voix, s’opposant à sa marche, répandit le souffle des vents
sonores qui soulevèrent les grands flots pareils à des montagnes.


Et les nefs se séparèrent, et une partie fut poussée en Krètè, où
habitent les Kydônes, sur les rives du Iardanos.

Mais il y a, sur les côtes de Gortyna, une roche escarpée et plate qui sort de la
mer sombre.

Là, le Notos pousse les grands flots vers Phaistos, à
la gauche du promontoire ; et cette roche, très petite, rompt les
grands flots.

C’est là qu’ils vinrent, et les hommes évitèrent à
peine la mort ;

Et les flots fracassèrent les nefs contre les rochers,
et le vent et la mer poussèrent cinq nefs aux proues bleues vers
le fleuve aigyptos.


Et Ménélaos, amassant beaucoup de richesses et d’or, errait parmi
les hommes qui parlent une langue étrangère.

Pendant ce temps,
Aigisthos accomplissait dans ses demeures son lamentable des
sein, en tuant l’atréide et en soumettant son peuple.

Et il commanda sept années dans la riche Mykènè.

Et, dans la huitième année, le divin Orestès revint d’athéna, et il tua le meurtrier de
son père, le perfide aigisthos, qui avait tué son illustre père.


Et, quand il l’eut tué, il offrit aux argiens le repas funéraire de sa
malheureuse mère et du lâche aigisthos.

Et ce jour-là, arriva le brave Ménélaos, apportant autant de richesses que sa nef en pou
vait contenir.


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