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L’Odyssée d’Homère | Chant 1 | Episode 5

Plongez dans les premières pages de *L’Odyssée* d’Homère : une ouverture mythique où se dessinent les thèmes du voyage, de la mémoire et de l’identité. Analyse littéraire et éclairage culturel sur l’un des récits fondateurs de la civilisation occidentale.

L'odyssée illustration visuelle 6

Rends-toi d’abord à Pylos et interroge le divin Nestôr ; puis à
Spartè, auprès du blond Ménélaos, qui est revenu le dernier des
akhaiens cuirassés d’airain. Si tu apprends que ton père est vivant
et revient, attends encore une année, malgré ta douleur ; mais
si tu apprends qu’il est mort, ayant cessé d’exister, reviens dans
la chère terre natale, pour lui élever un tombeau et célébrer de
grandes funérailles comme il convient, et donner ta mère à un
mari.

Puis, lorsque tu auras fait et achevé tout cela, songe, de l’es
prit et du cœur, à tuer les prétendants dans ta demeure, par ruse
ou par force. Il ne faut plus te livrer aux choses enfantines, car tu
n’en as plus l’âge.


Ne sais-tu pas de quelle gloire s’est couvert le divin Orestès parmi
les hommes, en tuant le meurtrier de son père illustre, aigisthos
aux ruses perfides ? Toi aussi, ami, que voilà grand et beau, sois
brave, afin que les hommes futurs te louent. Je vais redescendre vers ma nef rapide et mes compagnons qui s’irritent sans doute de m’attendre. Souviens-toi, et ne néglige point mes paroles.


Et le sage Tèlémakhos lui répondit :

– Étranger, tu m’as parlé en ami, comme un père à son fils, et je
n’oublierai jamais tes paroles. Mais reste, bien que tu sois pressé,
afin que t’étant baigné et ayant charmé ton cœur, tu retournes
vers ta nef, plein de joie, avec un présent riche et précieux qui te
viendra de moi et sera tel que des amis en offrent à leurs hôtes.


Et la déesse athènè aux yeux clairs lui répondit :

– Ne me retiens plus, il faut que je parte. Quand je reviendrai, tu
me donneras ce présent que ton cœur me destine, afin que je
l’emporte dans ma demeure. Qu’il soit fort beau, et que je puisse
t’en offrir un semblable.


Et athènè aux yeux clairs, ayant ainsi parlé, s’envola et disparut
comme un oiseau ; mais elle lui laissa au cœur la force et l’audace
et le souvenir plus vif de son père.


Et lui, le cœur plein de crainte, pensa dans son esprit que c’était
un Dieu. Puis, le divin jeune homme s’approcha des Prétendants.

Et l’aoide très illustre chantait, et ils étaient assis, l’écoutant en
silence.

Et il chantait le retour fatal des akhaiens, que Pallas
athènè leur avait infligé au sortir de Troiè.

Et, de la haute chambre, la fille d’Ikarios, la sage Pènélopéia, entendit ce chant divin, et elle
descendit l’escalier élevé, non pas seule, mais suivie de deux servantes.

Et quand la divine femme fut auprès des prétendants, elle
resta debout contre la porte, sur le seuil de la salle solidement
construite, avec un beau voile sur les joues, et les honnêtes servantes se tenaient à ses côtés.

Et elle pleura et dit à l’aoide divin :

– Phèmios, tu sais d’autres chants par lesquels les aoides célèbrent
les actions des hommes et des Dieux. assis au milieu de ceux-ci,
chante-leur une de ces choses, tandis qu’ils boivent du vin en
silence ; mais cesse ce triste chant qui déchire mon cœur dans ma
poitrine, puisque je suis la proie d’un deuil que je ne puis oublier.
Car je pleure une tête bien aimée, et je garde le souvenir
éternel de l’homme dont la gloire emplit Hellas et argos.


Et le sage Tèlémakhos lui répondit :

– Ma mère, pourquoi défends-tu que ce doux aoide nous réjouisse,
comme son esprit le lui inspire ? Les aoides ne sont responsables
de rien, et Zeus dispense ses dons aux poètes comme il lui plaît.

Il ne faut point t’indigner contre celui-ci parce qu’il chante la
sombre destinée des Danaens, car les hommes chantent toujours
les choses les plus récentes. aie donc la force d’âme d’écouter.
Odysseus n’a point perdu seul, à Troiè, le jour du retour, et beau
coup d’autres y sont morts aussi.

Rentre dans ta demeure ; continue tes travaux à l’aide de la toile et du fuseau, et remets tes servantes à leur tâche. La parole appartient aux hommes, et surtout
à moi qui commande ici.


Étonnée, Pènélopéia s’en retourna chez elle, emportant dans son
cœur les sages paroles de son fils. Remontée dans les hautes
chambres, avec ses femmes, elle pleura Odysseus, son cher mari,
jusqu’à ce que athènè aux yeux clairs eût répandu un doux sommeil sur ses paupières.


Et les prétendants firent un grand bruit dans la sombre demeure,
et tous désiraient partager son lit. E

t le sage Tèlémakhos com
mença de leur parler :

– Prétendants de ma mère, qui avez une insolence arrogante,
maintenant réjouissons-nous, mangeons et ne poussons point
de clameurs, car il est bien et convenable d’écouter un tel
aoide qui est semblable aux Dieux par sa voix ; mais, dès l’aube, rendons-nous tous à l’agora, afin que je vous déclare nettement que vous ayez tous à sortir d’ici.

Faites d’autres repas, mangez vos
biens en vous recevant tour à tour dans vos demeures ; mais s’il
vous paraît meilleur de dévorer impunément la subsistance d’un
seul homme, dévorez-la.


PS : Les mots que nous diffusons ont traversé le temps. Libres enfin, ils voguent sur les pages du domaine public. GMSavenue leur offre un nouveau souffle, sans jamais trahir leur âme. Mais l’écrin que nous façonnons – notes, formes, interprétations – reste précieux et protégé. Qu’on lise, qu’on rêve… mais sans copier l’ombre du travail accompli.

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