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KPMG et l’économie des silences comptables

Penser KPMG à travers l’économie des silences, c’est reconnaître que l’audit n’est pas uniquement une science des chiffres. C’est aussi une écriture négative, une rhétorique de l’absence, où le vide parle autant que le plein.


Transparence affichée, opacité implicite

KPMG, membre du fameux “Big Four” de l’audit aux côtés de Deloitte, EY et PwC, est généralement perçu comme un garant de transparence, de conformité et de rigueur technique. Ses rapports certifiés rassurent investisseurs, régulateurs et dirigeants.

Pourtant, au‑delà des chiffres publiés et des notes méthodologiques, une autre dimension mérite attention : celle des silences comptables. Ce qui n’est pas dit, ce qui est relégué en bas de page ou ce qui disparaît dans les marges, participe autant à la construction de la vérité financière que les données mises en avant.

Le silence comme donnée

Dans un audit, l’absence d’information n’est jamais neutre. Les omissions volontaires ou les formulations minimisées deviennent des signaux implicites. Une note de bas de page sur un risque juridique, une mention discrète d’un litige fiscal ou d’une incertitude réglementaire peuvent peser autant qu’une ligne de bilan. Le silence, loin d’être un vide, est une donnée stratégique : il structure la perception des acteurs et conditionne leurs décisions.

La valeur du non‑dit

Ce qui n’apparaît pas dans les bilans influence les trajectoires. Les risques latents, les fragilités culturelles ou les tensions sociales internes ne figurent pas toujours dans les états financiers, mais ils orientent les choix des dirigeants et des investisseurs. Le non‑dit devient une valeur cachée, une zone grise où se jouent la confiance, l’anticipation et parfois la spéculation.

KPMG comme traducteur du silence

KPMG n’est pas seulement un certificateur de comptes : c’est un médiateur du silence. L’entreprise orchestre une économie où le non‑dit devient un langage subtil, compris par les initiés. Les dirigeants lisent entre les lignes, les régulateurs interprètent les omissions, et les investisseurs décodent les signaux faibles. L’audit se transforme alors en une poétique de l’absence, où chaque omission a un poids stratégique.

Une poétique de l’absence

Penser KPMG à travers l’économie des silences, c’est reconnaître que l’audit n’est pas uniquement une science des chiffres. C’est aussi une écriture négative, une rhétorique de l’absence, où le vide parle autant que le plein. Les silences comptables deviennent des espaces de pouvoir : ils protègent, masquent, orientent. Ils révèlent que la transparence proclamée est toujours relative, et que l’économie moderne repose autant sur ce qui est dit que sur ce qui est tu.

Enjeux contemporains

  • Confiance et régulation : comment les régulateurs peuvent‑ils encadrer une pratique où le silence est aussi signifiant que la donnée ?
  • Éthique et responsabilité : jusqu’où l’omission est‑elle légitime ? À partir de quel seuil devient‑elle manipulation ?
  • Diplomatie financière : dans un monde globalisé, les silences comptables deviennent des instruments de négociation entre États, entreprises et investisseurs.

Ce illustration montre que l’audit, loin d’être une mécanique neutre, est une économie narrative, où le silence est une ressource stratégique.

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