vendredi, 6 février 2026
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Les Lanternes de la Mémoire 🕯️

Nouvelle littéraire : il combine poésie, mémoire et transmission intergénérationnelle, avec une chute qui ouvre sur la continuité.

I. La veille du Nouvel An

Dans une petite ville côtière du Sénégal, la fin d’année 2025 s’annonçait douce et lumineuse. Les rues s’emplissaient de chants, de rires et de préparatifs. Mais ce qui distinguait cette cité des autres, c’était sa tradition : chaque famille allumait une lanterne à la veille du Nouvel An, une flamme dédiée à un ancêtre, suspendue devant la maison ou déposée au bord du chemin.

Ainsi, la ville entière se transformait en constellation terrestre, chaque lumière portant une mémoire, chaque flamme racontant une histoire.

II. Le jeune gardien des lanternes

Amadou, un garçon de treize ans, observait les préparatifs avec une curiosité ardente. Sa famille, comme les autres, s’apprêtait à allumer une lanterne pour honorer son grand-père disparu. Mais Amadou sentait qu’il y avait plus derrière ce rituel. Pourquoi ces lanternes semblaient-elles parfois vaciller comme si elles murmuraient des secrets ?

Cette nuit-là, il décida de suivre la lumière. Quand sa mère alluma la lanterne familiale et la suspendit au seuil, Amadou resta dehors, les yeux fixés sur la flamme. Elle semblait l’appeler.

III. La marche des souvenirs

À minuit, les lanternes s’alignèrent dans les rues, créant un chemin lumineux. Amadou s’y engagea, seul. Chaque lanterne qu’il croisait vibrait légèrement, comme si elle contenait une voix. Il entendit des fragments de récits : une chanson ancienne, une prière, un rire oublié.

Arrivé au bout du chemin, il trouva une lanterne différente, plus grande, posée au pied d’un baobab. Elle n’appartenait à aucune maison. Intrigué, il s’approcha. La flamme s’intensifia et une silhouette apparut : celle de son grand-père.

IV. Le secret révélé

Le vieil homme lui parla doucement :
Amadou, ces lanternes ne sont pas seulement des hommages. Elles sont des ponts. Chaque lumière relie les vivants aux ancêtres, chaque flamme garde la mémoire de ceux qui ont marché avant nous.

Il lui confia un secret : certaines lanternes contiennent des histoires jamais racontées, des vérités enfouies. La sienne, par exemple, portait le récit d’un voyage oublié, celui qui avait conduit la famille à s’installer dans cette ville.

Amadou comprit que son rôle n’était pas seulement de regarder, mais de transmettre. Il devait devenir le gardien des lanternes, celui qui écoute et raconte.

V. Le retour à la maison

Au petit matin, Amadou revint chez lui. Sa mère le trouva assis devant la lanterne familiale, le regard apaisé. Il lui raconta ce qu’il avait vu. Elle sourit, émue :
Tu as reçu le don de mémoire. Tu es désormais le gardien.

Dès lors, Amadou prit l’habitude, chaque fin d’année, de parcourir la ville, d’écouter les lanternes et de recueillir leurs histoires. Il devint le narrateur des mémoires collectives, celui qui transformait les flammes en récits, les lumières en paroles.


VI. OUTRO

Des années plus tard, la ville continua à allumer ses lanternes. Mais désormais, les habitants savaient qu’elles ne servaient pas seulement à honorer les ancêtres : elles étaient des archives vivantes, des bibliothèques de lumière.

Et chaque Nouvel An, Amadou, devenu adulte, racontait une nouvelle histoire issue des lanternes. Les enfants l’écoutaient, fascinés, et comprenaient que la mémoire n’était pas un poids, mais une lumière qui guide vers l’avenir.


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