vendredi, 6 février 2026
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Ecrivain et Auteur de “XAMTU” et “LA PROMENADE DU BAOBAB ELEPHANT”,

🗣️ – Entretien avec Mansour Khouma : Une Parole Pertinente et Un Regard Lucide Dans un monde où les discours se brouillent et les postures s’enchaînent, Mansour Khouma tranche par sa clarté, sa sincérité et son engagement. Écrivain, penseur, observateur attentif de la société sénégalaise et africaine, il s’est prêté au jeu du questionnaire GMSAvenue […]

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🗣️ – Entretien avec Mansour Khouma : Une Parole Pertinente et Un Regard Lucide

Dans un monde où les discours se brouillent et les postures s’enchaînent, Mansour Khouma tranche par sa clarté, sa sincérité et son engagement. Écrivain, penseur, observateur attentif de la société sénégalaise et africaine, il s’est prêté au jeu du questionnaire GMSAvenue avec une générosité rare. Entre confidences personnelles, réflexions politiques et éclats poétiques, cette interview dévoile un homme qui pense avec le cœur autant qu’avec la tête.

À travers ses réponses, Mansour Khouma nous invite à ralentir, à écouter, à questionner. Et surtout, à ne jamais cesser de croire en la puissance des mots pour éclairer le réel.

Lien de son livre / LA PROMENADE DU BAOBAB ELEPHANT

https://senegal.harmattan.fr/index.asp?navig=catalogue&obj=livre&no=76152&razSqlClone=1

Lien de son livre / XAMTU – Dictionnaire bilingue Wolof/Français – Préface du Pr Amadou Dialo

https://senegal.harmattan.fr/index.asp?navig=catalogue&obj=livre&no=216924&razSqlClone=1


Interview – Mansour Khouma, auteur et défenseur du patrimoine linguistique

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Sur les œuvres et la démarche intellectuelle

  • Votre ouvrage XAMTU est un dictionnaire bilingue Wolof/Français. Qu’est-ce qui vous a motivé à créer cet outil linguistique ?

Ce qui m’a poussé à créer cet outil linguistique comme vous l’appelez, c’est que j’ai vu des dictionnaires faits par des linguistes de l’UCAD, des professeurs de haut niveau, et chacun d’eux m’a laissé sur ma faim. Je ne veux pas citer de noms, mais ils n’ont pratiquement réuni que des mots usuels et donné leurs sens. Alors je me suis dit : “Pourquoi ne pas faire un réel dictionnaire, comme LAROUSSE, LE ROBERT, …”, avec des mots où sont déclinés le radical, la variante, le sens, le synonyme et le contraire, s’il y en a, sans compter les mots de la même famille…

Et au fur et à mesure que j’avançais dans mon travail, des idées me sont venues, comme sur les animaux, avec le mâle, la femelle et le petit, comme les races de moutons, comme compter de zéro à un milliard, pour savoir combien de mots différents sont utilisés en wolof, …

  • Quelle a été la contribution du Pr Amadou Dialo dans la réalisation de XAMTU ?

Le professeur A. Dialo m’a été d’un soutien inestimable ; d’abord il m’a admis comme auditeur dans ses cours de wolof à l’UCAD, où j’ai suivi la première et la deuxième année. Ensuite, non seulement il m’a apporté une aide précieuse en me corrigeant le livre, mais en plus, il m’a fait la préface. Je crois que c’est une innovation, pour un dictionnaire.

Qu’il trouve ici l’expression de ma reconnaissance éternelle !

  • Selon vous, quel rôle joue la langue wolof dans la préservation de l’identité culturelle sénégalaise ?

Quelqu’un a dit : “Qui perd sa langue perd sa culture“. Et moi j’ajoute, “Qui perd sa culture, perd ses repères, ses racines. S’il est vrai que l’ethnie wolof fait moins de 50% de la population, il n’en est pas moins vrai que près de 90% de la population le comprend et le parle, pour ne pas dire plus. Il est utilisé plus que toute autre langue, dans le commerce, les médias, les grands rassemblements, par les politiciens en campagne, jusqu’à l’Assemblée Nationale. Il est par excel-lence la langue utilisée dans les téléfilms, les grandes rencontres religieuses, …

  • “La promenade du baobab éléphant” est un titre intrigant. Quelle est la symbolique derrière ce choix ?

Je n’en suis pas l’auteur, mais seulement le traducteur. Alors je ne veux pas trop m’engager là-dedans. Alors, je me contenterai de souligner

Baobab symbolise la force tranquille, la durée dans le temps et la mémoire des anciens.

Quant à l’éléphant, il symbolise aussi la force, la puissance et aussi la mémoire des anciens.

Le baobab, interdit d’accueillir les griots morts, s’ennuie et décide voir d’autres cieux pour se faire des amis.

Il découvre ce qu’est “la teraanga sénégalaise“.

Il découvre les liens de parenté entre sérée et joola, devenus des cousins à plaisanterie.

  • Comment s’est déroulée votre collaboration avec Sylvain Josserand et Katia Lou sur ce projet ?

Cela s’est passé très bien. Il m’est même arrivé de me demander si l’une de ces personnes n’était pas sénégalaise, ou n’avait pas longtemps séjourné dans notre pays, tant les questions qu’elles ont posées étaient pertinentes, surtout sur la manière dont j’avais traduit certains termes.

Sur la vision culturelle et linguistique

  • Pensez-vous que les langues africaines sont suffi-samment valorisées dans les milieux académiques et littéraires ?

Pas suffisamment, à mon avis, même si dans les autres secteurs de la vie, il y a un net progrès : dans les médias, sur les panneaux publicitaires et des écrivains de plus en plus nombreux. Malheureusement pour nous (écrivains), on ne semble pas nous prendre au sérieux. Partout où le wolof est écrit, il y a d’innombrables fautes qui laissent indifférent tout le monde. Il y a un groupe d’intellectuels de haut niveau qui ont créé une sorte d’association intitulée “Fonk sunu làmmiñ” et dont l’objectif principal est de veiller à l’usage correcte du wolof, autant à l’oral qu’à l’écrit. Mais leur action reste encore timide, à mon avis. Je crois que dans un premier temps, ils pouvaient faire des sorties ou relever les fautes les plus graves ou les plus répétées, et les corriger au vu et au su de tout le monde, en impliquant au moins un média –télé– de grande audience. Leurs actions restent des échanges sur le Net, qui laissent près de 90% des sénégalais hors de portée. Et pourquoi ne pas demander à une télé de la place, un temps d’antenne pour justement corriger, peut-être pas toutes les fautes, mais les plus couramment faites partout ?

Mais la majeure partie de ces difficultés seraient aplanies, si le décret organique de l’Académie Sénégalaise de Langues nationales (ASLN) avait été promulgué par les autorités compétentes. Oui ! Sous la présidence d’Abdoulaye Wade, a été créée une académie des langues nationales. Et depuis on attend le décret organique. Elle servirait de sentinelle et veillerait à l’emploi correcte de langue, tant à l’oral qu’à l’écrit. Si toutes fois ses décisions faisaient autorité.

Quant aux milieux académiques, je crois qu’ils font tout ce qu’ils peuvent pour au moins maintenir les acquis, le niveau des langues nationales : cours proprement dits, conférences, expositions, …

Le milieu littéraire, quant à lui, bouillonne d’activités. Depuis les alphabétisés –ceux qui n’ont fait que l’alphabétisation comme études– jusqu’aux auteurs de renom, ou qui se sont déjà fait connaître en français, il y a beaucoup d’ouvrages produits. Malheureusement cette production se heurte à deux problème très sérieux : l’édition et le lectorat.

Les maisons d’édition qui s’intéressent aux langues nationales sont très peu nombreuses. Il y a bien quelques maisons qui font exclusivement les langues nationales, mais elles souffrent cruellement du manque de financement. Il y a également celles qui font les deux, – français et langues nationales–, mais sont peu nombreuses et souffrent des mêmes maux.

Pour le lectorat, les gens ne lisent même plus en français, à plus forte raison en wolof ou autres langues nationales.

  •   Quels défis rencontrez-vous dans la promotion du wolof à travers vos publications ?

Les principaux défis auxquels je suis confronté sont la publicité et l’écoulement du produit ; certaines maisons d’édition m’attribuent une part qu’elles me remettent en nature afin que je les vende moi-même. Comme je suis un peu casanier sur les bords et un peu vieux gâteux, vous voyez toute la difficulté pour moi d’écouler mon lot de livres.

  • Comment voyez-vous l’évolution du bilinguisme au Sénégal, notamment entre le français et les langues nationales ?

Je pense que c’est un processus irréversible : déjà dans la pratique, les radios, les télés, dans le Net, partout il y a des textes, des phrases, des expressions en langues nationales, surtout wolof, même si l’orthographe est truffée de fautes. Partout dans les réseaux sociaux, à côté du français ou avant le français, la grande majorité des gens s’expriment d’abord en wolof.

Et du côté gouvernemental, pour la première fois depuis l’indépendance, après au moins trois tentatives infructueuses on a décidé de généraliser l’introduction de langues nationales à l’école élémentaire, en 2025/2026. Ce qui crée d’office un bilinguisme de fait.

  • Quel est votre regard sur la transmission intergénérationnelle des langues locales ?

J’ai écrit plus haut que quelqu’un a dit : “Qui perd sa langue, perd sa culture” et moi j’ai ajouté, “Qui perd sa culture perd ses repères, ses racines“.

Quand j’étais en activité, à la direction de l’alphabétisation, j’étais parti avec une équipe, en mission, du côté de Touba Toule, un village séréer du département de Bambey. Notre but était de voir, avec les populations, quelle est la langue nationale comprise par tous les enfants, en vue de la mise à l’essai de l’introduction des langues nationales à l’école.

Toute l’équipe était partie avec l’idée que, à Touba Toule, c’était bien entendu le séréer et que ce ne sera qu’une simple formalité d’interroger les populations. Mais à notre grande surprise, au moment où nous pensions avoir fait le tour de la question, un père de famille, l’un des plus jeunes du groupe, demande la parole pour dire :

—- C’est vrai que nous sommes des séréer. Mais tous ceux qui ont moins de quinze ans dans tout l’arrondissement, ne comprennent pas un traitre mot de notre langue maternelle. Nous parlons tous wolof, même si notre accent trahit encore notre “séréerité“.

Et les autres d’acquiescer :

—- Il a raison ! Même parmi les anciens, tous comprennent, mais beaucoup d’entre nous ont des difficultés à exprimer toutes leurs pensées en séréer.

  1. Avez-vous des projets futurs visant à renforcer l’usage du wolof dans l’éducation ou les médias ?

A, oui !  A part XAMTU, qui s’inscrit dans une série de six ouvrages que j’ai appelé “Sur le wolof“, ce dictionnaire bilingue, édité par vos soins et qui est à l’origine de cette interview, compte cinq autres titres qui attendent d’être édités.

Ce sont :

  • Grammaire, Orthographe et Conjugaison

wolof” qui, comme l’indique le titre, traite des trois domaines. Chaque chapitre est suivi d’exercices et la correction de tous ces exercices se trouve à fin du livre. A mon avis, c’est un livre scolaire par excellence.

  • Il y a ensuite “L’interrogation, la Négation et

l’Injonction” qui lui aussi, comme indiqué par le titre, fait ressortir certaines ressemblances dans les trois formes de conjugaison. Lui aussi peut être utilisé en classe.

  • Il y a également “Synonymes“, un ouvrage où sont notés

des mots et expressions de sens proches, des mots désuets ou peu usités, le tout classé par ordre alphabétique. 

  • Il y a aussi “Tournures idiomatiques wolof“, qui

rassemble des formes difficilement traduisibles en français. Là aussi elles sont classées par ordre alphabétique.

  • Il y a enfin “Notes sur les consonnes de classes“, suivi

de “Yàq yi ci wolof“. La première partie traite des consonnes de classes, ou classificateurs. Il y a dix (10) classes nominales en wolof, ces sorte d’articles qui accompagnent les noms. Les huit marquent le singulier et les deux autres, le pluriel.

Les marqueurs du singulier : b, g, j, k, l, m, s, w.

Les marqueurs du pluriel : y, ñ.

Cependant, dans des cas spéciaux, le pluriel peut être marqué par j, s, w, …

Quant à “Yàq yi ci wolof“, ce sont des fautes en tout genre que j’ai essayé de recenser et proposer des corrections.

Si les trois premiers peuvent être des ouvrages pour l’école, les trois derniers peuvent être utiles aux usagers de tous bords.

Sur le parcours personnel et professionnel

  1. Qu’est-ce qui vous a conduit vers l’écriture et la lexicographie ?

A mes débuts dans l’enseignement, (je suis instituteur de formation), je réunissais mes jeunes frères et leurs amis pendant les vacances pour leur dire des contes, mais aussi pour entendre les leurs. Et je fis un constat amer : les enfants ignoraient beaucoup de contes qui nous étaient racontés le soir, autour du feu. Alors, je décidais d’écrire des contes pour en préserver le maximum possible. Je n’étais pas encore initié à l’écriture du wolof, je ne savais même pas qu’il était codifié, avec des règles d’orthographe et de séparation des mots. Donc, comme beaucoup d’internautes aujourd’hui, j’écrivais soit en français, soit en wolof, de manière à pouvoir me relire dans cette langue.

Puis, de fil en aiguille, j’ai dérivé vers des mots, des expressions, des devinettes, des maye—histoires pour rire—, et j’en passe.  

Puis en 1995, lors de la formation des volontaires de l’alphabé-tisation, à l’EFI de Thiès, où j’ai été retenu par ma direction, la DAEB, comme formateur de formateurs, l’idée m’est venue de faire un dictionnaire. Alors, j’ai entamé l’élaboration de “Xamtu“, ce dictionnaire bilingue wolof/français qui fait l’objet de cette interview. Un soir, après dîner, en un seul jet, j’ai recensé plus de deux cents (200) mots.

  1. Comment votre environnement personnel a-t-il influencé votre intérêt pour les langues et les cultures ?

Je suis né en une période où le français n’était connu et compris, si je puis dire, que par moins de 02% de la population de Ngaye Mékhé, ma ville natale. Donc j’ai grandi, ignorant quasiment tout du français. J’ai grandi entre les champs, la prairie où je faisais paître les quelques rares moutons de ma mère, Ngajaga, le village de mes oncles maternels.

Comme on peut le voir, j’ai grandi dans un milieu “sans français”, jusqu’à douze (12) ans. Puis je suis entré à l’école. Du coup, j’ai arrêté mes études coraniques – grave errer que je regrette toute ma vie – : notre maison était un modeste daara qui recevait environ une quinzaine de taalibe chaque jour. Je n’ai pas abandonné l’étude du Saint Coran parce que j’étais inscrit à l’école.

Cet abandon était le résultat d’un concours de circonstances : mon père était parti en Côte d’Ivoire pour plusieurs mois. Et mon grand frère qui assurait l’intérim avait trouvé un emploi salarié à Dakar. Du coup, le daara était fermé de fait.

Mais je m’empresse de dire que malgré mon entrée à l’école, je n’ai jamais été coupé de mes racines. Jusqu’à mon entrée au Cours Normal de Mbour, je n’ai jamais été absent de Mékhé trois jours d’affilé. Ce qui contribuait à maintenir mon immersion dans la famille et dans le milieu wolof.

Ma mère a très fortement marqué mon enfance et ma connaissance du wolof. Elle aimait nous dire des contes, nous faire des “cax” (devinettes), nous interroger sur les plantes, les animaux et nous donnait les bonnes réponses quand on était passé à côté.

Lorsque j’ai été en âge de me débrouiller seul, elle me donnait la permission d’aller voir les “sabar“, “tànn béer“, “asikoo“, “simb“, “gàmmu“, avec ordre de ne pas rentrer tard. Il ne m’est jamais venu à l’esprit de tricher ou de mentir car elle était d’une rigueur, d’une fermeté, d’une sévérité sur la discipline, que ni moi, ni mes frères et sœurs ne pensions un seul instant mentir ou désobéir.

Car la punition ne se ferait pas attendre. Elle nous a élevé avec une main de fer dans un gant de velours, comme on dit. Mon père qui voyageait beaucoup, lui avait donné des consignes qu’elle appliquait avec la plus grande rigueur.

  1. Quel est le message principal que vous souhaitez transmettre à travers vos ouvrages ?

Ma mère a toujours profiter de toutes les occasions pour nous faire la morale, en nous parlant de “nit ku baax“. Et je fais souvent le rapprochement entre “Nit ku baax” et l’expression en français “L’honnête homme”. Elle disait et répétait chaque fois que nécessaire,

– “Nit ku baax du fen (ne ment pas) ” ;

– “Nit ku baax du sàcc (ne vole pas)” ;

– “Nit ku baax du wor (ne trahit pas)” ;

– “Nit ku baax du tooñ (ne porte pas préjudice à autrui)” ;

– “Nit ku baax du rambaaj (ne sème pas la zizanie entre les gens)

– “Nit ku baax du dugg lu yoonam nekkul (se mêle de ses affaires)“;

– “Nit ku baax du sos (n’invente pas de mensonges)”

. “Nit ku baax day xam boppam (doit connaître ses limites)“;

.”Nit ku baax day nangu dogal (doit accepter la volonté divine)”;

.”Nit ku baax day nangoo muñ (doit être tolérant)” ;     

.”Nit ku baax day nangoo liggéey (doit aimer le travail)” ;   

.”Nit ku baax day dégg i wax (doit accepter des conseils)“;

.”Nit ku baax day maandu ci yëfi jàmbur (doit avoir de la retenue)” ;    

.”Nit ku baax day doylu (doit se contenter de qu’il’ a)”.

.”Nit ku baax day teey (doit être pondéré)

Le message que je veux transmettre à tous, mag ak ndaw, góor ak jigéen, c’est d’être un ” Nit ku baax

  1.  En tant qu’auteur, comment percevez-vous votre rôle dans la société sénégalaise ?

Je suis instituteur, donc éducateur, avant d’être écrivain. Je crois que mon double rôle, d’enseignant et d’écrivain m’impose d’éveiller les consciences ; de mettre à nu les bons et les mauvais côtés de la vie. Mais aussi doter la société sénégalaise de moyens de faire un choix judicieux, entre le bien et le mal, le bon et le mauvais côté de la vie.

Mais le résultat n’est pas toujours évident ; on dit en wolof que “yàq a gën a yomb defar”. Ce que l’on a construit pendant toute une vie, peut être démoli en quelques heures. Et pour tout rebâtir, il faut souvent plus d’une vie.

  1. Quel conseil donneriez-vous à un jeune auteur qui souhaite écrire dans une langue africaine ?

Le premier conseil que je donne est de bien maîtriser les règles d’orthographe et de séparation des mots, si la langue est comme au Sénégal, codifiée, avec des règles bien précises.

Le second conseil est de bien maîtriser les histoires de consonnes de classes, si la langue en question en a. Car une erreur de consonne de classe peut bouleverser complètement le sens de la phrase. Les mots xar et ndaw, peuvent avoir jusqu’à six sens différents, selon la consonne classe employée :

Exemples :

Phrases wolof                                    traduction en français

– Ku moom xar mii ?                  – A qui apparient ce mouton ?

– Ku moom xar gii ?                    – A qui apparient cette poutrelle ?

– Ku moom xar wii ?                  – A qui apparient cette portion de           

                                                          fruit ?

– Ku moom xar jii ?                     – A qui apparient ces arachides 

                                                          aux cotylédons ouverts ?

– Ku moom xar bii ?                    – A qui apparient ce grand                

                                                          récipient taillé dans un tronc                              

                                                          d’arbre ?

– Ku moom xar sii ?                     – A qui apparient ce petit                

                                                         (mouton/poutrelle/portion de  

                                                          fruits/petit récipient taillé dans

                                                          un tronc d’arbre ?

Il en va de même avec ndaw : ndaw si (la femme), ndaw gi (la jeunesse/la virginité), ndaw li (un envoyé), ndaw yi (les envoyés), ndaw mi (personne du nom de ndaw), ndaw ñi (les jeunes).

Il y a d’autres noms avec deux, trois ou quatre consonnes de classe, chacun avec un sens différent.

Le troisième conseil est d’être armé de beaucoup de patience. Car les problèmes d’édition peuvent décourager les plus endurcis./.

J’espère avoir répondu à votre attente.

Merci et à la prochaine !!!

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