vendredi, 6 février 2026
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CAN littéraire | Nigeria vs Ouganda : Sefi Atta vs Moses Isegawa — Villes africaines et tensions intimes.

Deux écrivains puissants, Sefi Atta et Moses Isegawa, s’affrontent autour d’un thème dense et palpitant : villes africaines et tensions intimes. Leurs œuvres explorent les métropoles comme théâtres du désir, du chaos, de la mémoire — entre introspection et tumulte social.

Voici le vingt-troisième duel de cette série littéraire, entre le Nigeria et l’Ouganda.


Match littéraire : Nigeria vs Ouganda

Sefi Atta vs Moses Isegawa
Thème : Villes africaines et tensions intimes

Round 1 : Métropoles et mémoires

  • Atta, née à Lagos, fait de la ville nigériane un personnage à part entière. Dans Everything Good Will Come ou Swallow, elle explore les vies de femmes prises dans les contradictions de la modernité, du patriarcat, de la précarité. Lagos est à la fois refuge et piège, miroir et labyrinthe.
  • Isegawa, né à Kampala et installé aux Pays-Bas, peint dans Abyssinian Chronicles une ville en mutation, traversée par les régimes politiques, les violences, les ambitions. Kampala devient le théâtre d’une épopée intime et nationale, où l’individu tente de survivre à l’histoire.

Round 2 : Langue et rythme

  • Atta écrit dans un anglais limpide, précis, souvent traversé par les idiomes yoruba. Sa langue est sobre mais chargée d’émotion, de tension, de lucidité. Elle fait entendre les voix intérieures, les silences sociaux, les dialogues du quotidien.
  • Isegawa manie un anglais foisonnant, baroque, parfois délibérément excessif. Son style est narratif, digressif, rythmé par les flux de la mémoire et les secousses de l’histoire. Il fait de la langue un fleuve — parfois boueux, parfois lumineux.

Round 3 : Intime et politique

  • Atta politise l’intime. Elle montre comment les corps, les choix, les amours sont traversés par les structures sociales, les héritages coloniaux, les violences invisibles. Son féminisme est discret mais incisif. Elle écrit pour révéler, pour relier, pour réparer.
  • Isegawa historicise l’intime. Il inscrit les trajectoires individuelles dans les bouleversements politiques — dictature, guerre, corruption. Son regard est panoramique, mais toujours incarné. Il écrit pour témoigner, pour comprendre, pour exorciser.

Round final : Qui gagne ?

Ce match est une immersion.

  • Atta nous offre une Lagos intérieure, féminine, tendue, où la ville devient miroir des âmes.
  • Isegawa nous donne une Kampala épique, tourmentée, foisonnante, où la ville devient mémoire du chaos.

Deux écritures de la ville, deux manières de dire l’Afrique urbaine, deux voix qui sondent les tensions intimes dans les métropoles en mutation. Ensemble, ils dessinent une cartographie des villes vécues — entre murmure et tumulte.


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