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L’Odyssée d’Homère | Chant 3 | Episode 2

Plongez dans les premières pages de *L’Odyssée* d’Homère : une ouverture mythique où se dessinent les thèmes du voyage, de la mémoire et de l’identité. Analyse littéraire et éclairage culturel sur l’un des récits fondateurs de la civilisation occidentale.

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Elle pria ainsi, exauçant elle-même ses vœux.

Et elle donna la belle coupe ronde à Tèlémakhos, et le cher fils d’Odysseus sup
plia aussi le dieu.

Et dès que les Pyliens eurent rôti les chairs supé
rieures, ils les retirèrent du feu, et, les distribuant par portions,
ils célébrèrent le festin splendide.

Et dès qu’ils eurent assouvi le
besoin de boire et de manger, le cavalier Gérennien Nestôr leur
parla ainsi :

– Maintenant, nous pouvons demander qui sont nos hôtes,
puisqu’ils sont rassasiés de nourriture.


Ô nos hôtes, qui êtes-vous ? Naviguez-vous pour quelque tra
fic, ou bien, à l’aventure, comme des pirates qui, jouant leur vie,
portent le malheur aux étrangers ?


Et le prudent Tèlémakhos lui répondit avec assurance, car Athènè
avait mis la fermeté dans son cœur, afin qu’il s’informât de son
père absent et qu’une grande gloire lui fût acquise par là parmi
les hommes :

– Ô Nestôr Nèlèiade, grande gloire des akhaiens, tu demandes
d’où nous sommes, et je puis te le dire.

Nous venons d’Ithakè, sous le Nèios, pour un intérêt privé, et non public, que je t’apprendrai.
Je cherche à entendre parler de l’immense gloire de mon père, le divin et patient Odysseus qui, autrefois, dit-on, combattant avec
toi, a renversé la ville des Troiens.

Nous avons su dans quel lieu
chacun de ceux qui combattaient contre les Troiens a subi la mort
cruelle ; mais le Kroniôn, au seul Odysseus, a fait une mort igno
rée ; et aucun ne peut dire où il a péri, s’il a été dompté sur la terre
ferme par des hommes ennemis, ou dans la mer, sous les écumes
d’amphitrite.

C’est pour lui que je viens, à tes genoux, te deman
der de me dire, si tu le veux, quelle a été sa mort cruelle, soit que
tu l’aies vue de tes yeux, soit que tu l’aies apprise de quelque
voyageur ; car sa mère l’a enfanté pour être très malheureux.

Ne me flatte point d’espérances vaines, par compassion ; mais parle
moi ouvertement, je t’en supplie, si jamais mon père, l’excellent
Odysseus, soit par ses paroles, soit par ses actions, a tenu les pro
messes qu’il t’avait faites, chez le peuple des Troiens, où vous,
akhaiens, avez subi tant de maux. Souviens-t’en maintenant, et
dis-moi la vérité.


Et le cavalier Gérennien Nestôr lui répondit :

– Ô ami, tu me fais souvenir des maux que nous, fils indomp
tables des akhaiens, nous avons subis chez le peuple Troien, soit
en poursuivant notre proie, sur nos nefs, à travers la mer sombre,
et conduits par akhilleus, soit en combattant autour de la grande
ville du roi Priamos, là où tant de guerriers excellents ont été tués.

C’est là que gisent le brave aias, et akhilleus, et Patroklos sem
blable aux dieux par la sagesse, et mon fils bien-aimé antilokhos,
robuste et irréprochable, habile à la course et courageux com
battant.

Et nous avons subi bien d’autres maux, et nul, parmi les
hommes mortels, ne pourrait les raconter tous.

Et tu pourrais rester ici et m’interroger pendant cinq ou six ans, que tu retourne
rais, plein de tristesse, dans la terre de la patrie, avant de connaître
tous les maux subis par les divins akhaiens. Et, pendant neuf ans,
nous avons assiégé Troiè par mille ruses, et le Kroniôn ne nous
donna la victoire qu’avec peine.

Là, nul n’égala jamais le divin
Odysseus par la sagesse, car ton père l’emportait sur tous par ses
ruses sans nombre, si vraiment tu es son fils.


Mais l’admiration me saisit en te regardant. Tes paroles sont sem
blables aux siennes, et on ne te croirait pas si jeune, tant tu sais
parler comme lui.

Là-bas, jamais le divin Odysseus et moi, dans
l’agora ou dans le conseil, nous n’avons parlé différemment ; et
nous donnions aux akhaiens les meilleurs avis, ayant le même
esprit et la même sagesse.


Enfin, après avoir renversé la haute citadelle de Priamos, nous
partîmes sur nos nefs, et un dieu dispersa les akhaiens.

Déjà Zeus, sans doute, préparait, dans son esprit, un triste retour aux
akhaiens ; car tous n’étaient point prudents et justes, et une destinée terrible était réservée à beaucoup d’entre eux, à cause de
la colère d’Athènè aux yeux clairs qui a un père effrayant, et qui
jeta la discorde entre les deux atréides.


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