• Home  
  • L’Odyssée d’Homère | Chant 1 | Episode 4
- NOUVELLES

L’Odyssée d’Homère | Chant 1 | Episode 4

Plongez dans les premières pages de *L’Odyssée* d’Homère : une ouverture mythique où se dessinent les thèmes du voyage, de la mémoire et de l’identité. Analyse littéraire et éclairage culturel sur l’un des récits fondateurs de la civilisation occidentale.

L'odyssée illustration visuelle 6

Que ne suis-je plutôt le fils de quelque homme heureux qui dût
vieillir sur ses domaines ! Et maintenant, on le dit, c’est du plus
malheureux des hommes mortels que je suis né, et c’est ce que tu
m’as demandé.


Et la déesse athènè aux yeux clairs lui répondit :

– Les dieux ne t’ont point fait sortir d’une race sans gloire dans
la postérité, puisque Pènélopéia t’a enfanté tel que te voilà. Mais
parle, et réponds-moi sincèrement. Quel est ce repas ? Pourquoi
cette assemblée ? En avais-tu besoin ? Est-ce un festin ou une
noce ? Car ceci n’est point payé en commun, tant ces convives
mangent avec insolence et arrogance dans cette demeure ! Tout
homme, d’un esprit sensé du moins, s’indignerait de te voir au
milieu de ces choses honteuses.

Et le sage Tèlémakhos lui répondit :

– Étranger, puisque tu m’interroges sur ceci, cette demeure fut
autrefois riche et honorée, tant que le héros habita le pays ; mais,
aujourd’hui, les dieux, source de nos maux, en ont décidé autrement,

Et ils ont fait de lui le plus ignoré d’entre tous les hommes.
Et je ne le pleurerais point ainsi, même le sachant mort, s’il avait
été frappé avec ses compagnons, parmi le peuple des Troiens, ou
s’il était mort entre des mains amies, après la guerre. Alors les
Panakhaiens lui eussent bâti un tombeau, et il eût légué à son fils
une grande gloire dans la postérité.


Mais, aujourd’hui, les Harpyes l’ont enlevé obscurément, et il est
mort, et nul n’a rien su, ni rien appris de lui, et il ne m’a laissé que
les douleurs et les lamentations.


Mais je ne gémis point uniquement sur lui, et les Dieux m’ont
envoyé d’autres peines amères. Tous ceux qui commandent
aux îles, à Doulikios, à Samè, à Zakyntos couverte de bois, et
ceux qui commandent dans la rude Ithakè, tous recherchent ma
mère et épuisent ma demeure. Et ma mère ne peut refuser des
noces odieuses ni mettre fin à ceci ; et ces hommes épuisent ma
demeure en mangeant, et ils me perdront bientôt aussi.

Et, pleine de pitié, Pallas athènè lui répondit :

– Ah ! sans doute, tu as grand besoin d’Odysseus qui mettrait
la main sur ces prétendants injurieux ! Car s’il survenait et se
tenait debout sur le seuil de la porte, avec le casque et le bouclier
et deux piques, tel que je le vis pour la première fois buvant et
se réjouissant dans notre demeure, à son retour d’Ephyrè, d’au
près d’Illos Merméridaïde ;

– Car Odysseus était allé chercher là,
sur une nef rapide, un poison mortel, pour y tremper ses flèches
armées d’une pointe d’airain ; et Illos ne voulut point le lui donner, redoutant

les dieux qui vivent éternellement, mais mon père,
qui l’aimait beaucoup, le lui donna ;

– Si donc Odysseus, tel que
je le vis, survenait au milieu des prétendants, leur destinée serait
brève et leurs noces seraient amères !


Mais il appartient aux dieux de décider s’il reviendra, ou non, les
punir dans sa demeure. Je t’exhorte donc à chercher comment tu
pourras les chasser d’ici.


Maintenant, écoute, et souviens-toi de mes paroles. Demain, ayant
réuni l’agora des héros akhaiens, parle-leur, et prends les dieux à
témoin. Contrains les prétendants de se retirer chez eux. Que ta
mère, si elle désire d’autres noces, retourne dans la demeure de
son père qui a une grande puissance.

Ses proches la marierontet lui donneront une aussi grande dot qu’il convient à une fille
bien-aimée. Et je te conseillerai sagement, si tu veux m’en croire.
arme ta meilleure nef de vingt rameurs, et va t’informer de ton
père parti depuis si longtemps, afin que quelqu’un des hommes
t’en parle, ou que tu entendes un de ces bruits de Zeus qui dispense le mieux la gloire aux hommes.


PS: En diffusant ces œuvres du domaine public, GMSavenue participe à la préservation et à la mise en lumière de notre patrimoine littéraire commun. Les enrichissements que nous y apportons – annotations, formats, éditorialisation – demeurent cependant notre propriété intellectuelle.

Leave a comment

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *