Quelle est cette activité fascinante qui anime l’être humain depuis la nuit des temps ?
Que l’on soit sculpteur façonnant la pierre, griot en quête de mots pour conter une histoire ou créateur numérique défiant les codes, il existe autant de définitions de l’art que d’artistes sur Terre.
Un voyage enthousiaste à travers les formes et les mondes
À travers ce grand tour d’horizon, nous décortiquerons les multiples facettes de l’art, en piochant des exemples captivants tant en Afrique qu’à l’international. Embarquons pour cette aventure sensorielle, pédagogique et vibrante !
1. L’art, miroir et fenêtre sur le monde
1.1 L’art comme reflet de la société
L’art capte l’air du temps : il cristallise les espoirs, les luttes, les rêves et les contradictions d’une ère. En Afrique de l’Ouest, les masques Dogon de la falaise de Bandiagara racontent la cosmogonie, enseignent la hiérarchie sociale et célèbrent l’union entre l’Homme et le divin. Ces œuvres sculptées, transmises de génération en génération, sont une mémoire en trois dimensions, un langage visuel puissant.
Autre exemple, les fresques mayas du Yucatán (Mexique) révèlent des intrigues politiques, des rituels sacrés et la richesse d’une civilisation précolombienne. Ces peintures murales, polychromes et détaillées, nous plongent dans l’organisation des villes-États et la spiritualité des prêtres-guerriers.
1.2 L’art comme ouverture vers l’autre
Au-delà du reflet, l’art est une fenêtre sur la différence.
À Dakar, le festival Dak’Art invite les artistes de la diaspora africaine et d’ailleurs à dialoguer à travers installations, performances et peintures. On y découvre que l’art jamaïcain, le street art brésilien ou la vidéo-expérimentation coréenne peuvent se répondre, s’inspirer et faire surgir un nouvel imaginaire collectif.
Par exemple, lors de la Biennale de Venise, l’“African Pavilion” a mis en lumière le collectif sud-africain The Nest Collective. Ses vidéos, mêlant récits postcoloniaux et esthétisme contemporain, ont séduit un public mondial, prouvant que l’art offre un espace de rencontre et de compréhension interculturelle.
2. Les formes multiples de l’art
2.1 Peinture et sculpture
Peinture néo-figurative
Au Sénégal, des artistes comme Issa Samb (aussi connu sous le nom de Joe Ouakam) mêlent peinture, installations et performances pour questionner l’identité postcoloniale.
Cubisme et Africanisme
Pablo Picasso s’est inspiré des masques africains pour révolutionner la peinture européenne. L’“Africanismo” lui a fourni des formes géométriques audacieuses, ouvrant la voie au cubisme.
Ces échanges témoignent d’un dialogue perpétuel où l’Afrique influence l’Occident et vice versa, brouillant la frontière entre “traditionnel” et “moderne”.
2.2 Musique et danse
L’afrobeat de Fela Kuti
Né au Nigéria dans les années 1970, l’afrobeat combine funk, jazz et rythmiques yoruba. Les longues compositions de Fela étaient aussi un véhicule de contestation politique, chaque solo de saxophone résonnant comme un appel à la liberté.
Ballet classique
À l’Opéra de Paris, le compositeur russe Igor Stravinsky a collaboré avec des chorégraphes occidentaux, créant des ballets iconoclastes. La “Sacre du printemps” a provoqué une révolution tant musicale que chorégraphique, explorant le sacré païen.
Dans ces deux univers, la danse et la musique se répondent, faisant vibrer les corps et les esprits.
2.3 Littérature et poésie
Chimamanda Ngozi Adichie
Dans Americanah, l’écrivaine nigériane explore le racisme, la migration et l’amour à travers des personnages attachants. Sa prose fluide et politique fait rayonner la littérature africaine contemporaine.
Poésie persane
Rûmi, au XIIIᵉ siècle, a composé des vers mystiques et intemporels sur l’amour divin. Ses poèmes continuent d’inspirer les artistes du monde entier, du Moyen-Orient à l’Amérique latine.
La littérature nous transporte dans des univers intimes et universels, faisant naître l’empathie.
2.4 Art numérique et performance
Street art de Hassan Hajjaj
Au Maroc, Hassan Hajjaj mélange photographie, mode et design pop pour créer des portraits éclatants. Ses “Kesh Angels” sont devenus emblématiques, témoignant de la créativité urbaine africaine.
Installations numériques globales
L’artiste japonais teamLab transforme les salles d’exposition en paysages immersifs, où lumière et code informatique fusionnent. Les visiteurs deviennent acteurs, déambulant au milieu de fleurs virtuelles qui réagissent à leur présence.
L’art numérique repousse les limites de l’interactivité, offrant des expériences sensorielles inédites.
3. Pourquoi l’art est essentiel
3.1 Un langage universel
Sans un mot échangé, un tableau, un pas de danse ou un poème peut communiquer un ressenti profond. Lors du festival Afropunk à Johannesburg, des jeunes de divers quartiers se retrouvent pour créer des zines, jouer des concerts DIY et peindre des fresques politiques. L’art devient un moyen d’expression direct, compréhensible quelle que soit la langue maternelle.
3.2 Un lien social et communautaire
En Côte d’Ivoire, des ateliers de street art impliquent les enfants des quartiers populaires pour colorer les façades délabrées. Les habitants se rassemblent, participent à la création, nourrissent une fierté collective. L’art urbain devient vecteur de cohésion, redonnant vigueur et espoir à des lieux oubliés.
3.3 Une source de transformation personnelle
À Nairobi, des sessions d’art-thérapie aident des personnes traumatisées par la violence urbaine à exprimer leurs émotions par la peinture ou la danse. Cet engagement créatif favorise la résilience et la reconstruction psychologique, montrant le pouvoir libérateur de l’art sur l’individu.
4. Comment créer et apprécier l’art
4.1 Créer : trois piliers
- Inspiration : S’imprégner d’autres œuvres, voyager, lire, écouter des musiques du monde. L’inspiration se niche aussi bien dans un conte traditionnel malien que dans un graffiti de Rio.
- Technique : Apprendre les bases – dessin, composition musicale, écriture poétique – puis les transcender. Même un initié en danse classique commence par des barres et des positions fondamentales.
- Audace : Oser briser les règles, mélanger les styles, questionner les normes. C’est souvent dans ce frottement des contraires que naît l’innovation artistique.
4.2 Apprécier : trois clés
- Sensibilité : Laisser ses préjugés au vestiaire, se laisser émouvoir par les couleurs, les sons ou les mots.
- Contexte : Comprendre le parcours de l’artiste, l’époque et le lieu de création. Un masque fang de Guinée équatoriale prend tout son sens lorsqu’on connaît sa fonction rituelle.
- Dialogue : Partager ses impressions, échanger avec d’autres amateurs ou des créateurs. L’art se vit davantage dans la conversation que dans l’admiration solitaire.
5. Conclusion : l’art, un voyage sans fin

L’art est un souffle qui traverse les âges et les cultures. Il se fait messager de l’intime comme du collectif, catapulte de révolte et berceau de la célébration. Qu’il s’exprime par la pierre polie des sculpteurs Dogon, sous la plume acérée d’une romancière nigériane ou grâce à la magie numérique d’un collectif japonais, l’art nous rappelle sans cesse notre humanité partagée.
Continuez à explorer, à questionner, à expérimenter : l’art ne se réduit jamais à une définition figée. Il est un chemin vivant, une quête inachevée, une invitation à ressentir et à penser le monde autrement.
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