Français
D’un côté, le modèle français, marqué par une technocratie structurée, des ministères détaillés et une logique administrative héritée de la colonisation. De l’autre, le modèle britannique ou fédéral, où le Cabinet est plus resserré, dominé par des figures politiques fortes et une responsabilité parlementaire affirmée.
Cette étude met en lumière les convergences – la centralité des portefeuilles de l’Intérieur, de la Défense, des Finances et des Affaires étrangères – mais aussi les divergences : sécurité et diplomatie au Maghreb, économie et culture en Afrique de l’Ouest, politiques sociales en Afrique australe.
English
Comparing Francophone and Anglophone African governments means examining two distinct institutional legacies deeply rooted in the continent. On one side, the French model, characterized by structured technocracy, detailed ministries, and an administrative logic inherited from colonial history.
On the other, the British or federal model, where the Cabinet is leaner, dominated by strong political figures and reinforced parliamentary accountability. This analysis highlights both convergences – the centrality of Interior, Defence, Finance, and Foreign Affairs portfolios – and divergences: security and diplomacy in North Africa, economy and culture in West Africa, and social policies in Southern Africa.
Héritage institutionnel et modèles dominants
- Francophones : héritage du modèle français, avec un Premier ministre ou Chef du gouvernement, des ministres sectoriels, parfois des secrétaires d’État. La logique est très administrative et technocratique.
- Anglophones : héritage du modèle britannique ou américain, avec un Cabinet ministériel plus resserré, souvent dominé par des figures politiques fortes. Le Premier ministre (au Ghana, au Kenya) ou le Président (Nigeria, Afrique du Sud) exerce une influence directe sur les portefeuilles.
Sénégal vs Ghana
- Sénégal : équilibre entre ministères politiques et sociaux (jeunesse, femmes, culture). Le gouvernement reflète une volonté d’intégrer la société civile et de valoriser la culture comme levier de rayonnement.
- Ghana : Cabinet plus politique, avec des ministères stratégiques comme Finance, Défense, Éducation. Le Ghana met l’accent sur la transparence et la responsabilité parlementaire, héritage du modèle Westminster.
Côte d’Ivoire vs Nigeria
- Côte d’Ivoire : hiérarchie interne marquée par les ministres d’État (Défense, Économie, Agriculture). L’économie est au cœur, reflet d’un pays qui se veut locomotive régionale.
- Nigeria : gouvernement fédéral avec des ministères puissants (Petroleum, Finance, Defence). Le poids des États fédérés et des gouverneurs est considérable, ce qui rend la gouvernance plus fragmentée mais aussi plus représentative.
Maroc vs Kenya
- Maroc : équilibre entre technocrates et figures politiques, sous l’arbitrage royal. Les ministères de l’Intérieur et des Affaires étrangères sont des piliers.
- Kenya : Cabinet présidentiel, avec des portefeuilles stratégiques liés à l’économie numérique, l’agriculture et la sécurité. Le Kenya illustre une gouvernance tournée vers l’innovation et la modernisation.
Algérie vs Afrique du Sud
- Algérie : gouvernement dominé par la Défense et l’Intérieur, reflet du rôle historique de l’armée. La culture et la communication sont secondaires.
- Afrique du Sud : Cabinet diversifié, avec des ministères sociaux puissants (Santé, Éducation, Logement). Le gouvernement sud‑africain illustre une volonté de répondre aux inégalités héritées de l’apartheid, tout en valorisant l’économie et la diplomatie.
Bénin vs Ouganda
- Bénin : gouvernement compact, rationalisé, axé sur l’efficacité et la réforme économique. Moins de ministères, mais des portefeuilles transversaux.
- Ouganda : gouvernement plus large, dominé par la Présidence et marqué par une forte centralisation du pouvoir. Les ministères sociaux existent, mais la sécurité et la défense restent prioritaires.
Convergences et divergences
- Convergences : partout, les ministères de l’Intérieur/Défense, des Finances et des Affaires étrangères sont incontournables. Santé et Éducation sont également des piliers.
- Francophones : gouvernements plus technocratiques, hérités du modèle français, avec une forte rationalisation administrative.
- Anglophones : gouvernements plus politiques, hérités du modèle Westminster ou fédéral, avec une forte personnalisation du pouvoir et une responsabilité parlementaire plus marquée.
- Maghreb francophone : sécurité et diplomatie dominent.
- Afrique de l’Ouest anglophone : économie, agriculture et innovation numérique sont davantage valorisées.
- Afrique australe anglophone : accent sur les politiques sociales et la lutte contre les inégalités.
Cette comparaison montre que les gouvernements africains, qu’ils soient francophones ou anglophones, sont façonnés par leur héritage colonial, mais aussi par leurs priorités nationales contemporaines.
- Les francophones privilégient la technocratie et la rationalisation administrative.
- Les anglophones valorisent davantage la politique, la responsabilité parlementaire et l’innovation.
- Les Maghrébins mettent la sécurité au premier plan.
- Les Ouest‑Africains misent sur l’économie et la culture.
- Les Sud‑Africains insistent sur les politiques sociales et l’inclusion.
En somme, les gouvernements africains ne sont pas des copies conformes d’un modèle unique, mais des reflets vivants de leurs histoires, de leurs défis et de leurs ambitions.

