I. La fête mondiale
Le 31 décembre 2025, une plateforme virtuelle baptisée Eterna organisait un événement inédit : un bal numérique planétaire. Chacun pouvait y participer en créant un avatar, un masque digital reflétant ses désirs, ses rêves ou ses illusions. Des millions de personnes s’y connectèrent, transformant la fin d’année en une immense mascarade virtuelle.
Les écrans s’emplirent de silhouettes extravagantes : dragons scintillants, reines de cristal, guerriers futuristes, enfants-étoiles. Dans ce monde parallèle, les frontières n’existaient plus. Seule comptait l’identité choisie.
II. Le personnage sans visage
Parmi les participants, il y avait Aïcha, une étudiante sénégalaise passionnée de littérature. Elle avait créé un avatar simple : une silhouette sans visage, vêtue d’une robe blanche. Elle voulait observer, comprendre, plutôt que se cacher derrière une image trop construite.
Mais rapidement, elle se sentit perdue. Les autres semblaient fusionner avec leurs masques, oubliant qui ils étaient réellement. Les conversations devenaient étranges, les voix se brouillaient, et Aïcha eut l’impression que le bal avalait les identités.
III. La quête de soi
À minuit approchant, Aïcha décida de chercher son propre reflet. Elle erra dans les salles virtuelles : une forêt numérique où les arbres chantaient, une mer de pixels où les vagues portaient des visages, un palais de verre où les avatars dansaient sans fin.
Chaque lieu lui proposait un masque : celui de la séductrice, de la guerrière, de la prophétesse. Mais elle refusait. Elle voulait retrouver son visage, celui qu’elle avait laissé derrière l’écran.
IV. La rencontre
Dans une salle obscure, elle croisa un autre avatar étrange : un homme sans masque, simplement vêtu d’un manteau noir. Il lui dit :
— Tu cherches ton visage. Mais ici, personne ne le rend. Tu dois le créer toi-même.
Il lui tendit un miroir numérique. Aïcha y vit son reflet, mais déformé : ses traits se mélangeaient avec ceux des avatars qu’elle avait croisés. Elle comprit que le bal avait absorbé des fragments d’elle-même, qu’elle devait choisir ce qu’elle voulait garder.
V. Le dernier compte à rebours
À 23h59, la plateforme annonça le grand dévoilement : chaque avatar devait révéler son vrai visage. Les millions de participants hésitèrent. Certains refusèrent, d’autres disparurent.
Aïcha, elle, posa sa main sur le miroir. Elle choisit de garder son sourire, sa voix, et son regard. Le reste s’effaça. Son avatar se transforma en une silhouette lumineuse, portant enfin son vrai visage.
VI. outro
Quand minuit sonna, Aïcha sentit une paix étrange. Elle n’était plus perdue dans les masques. Elle avait retrouvé son identité, et compris que le bal n’était pas une fête, mais une épreuve : un miroir des illusions contemporaines.
En se déconnectant, elle se dit que le Nouvel An n’était pas seulement un passage de temps, mais une occasion de se réinventer sans se perdre.


