Entre rides, prières et visions, il esquisse le portrait d’un homme marqué par ses fêlures, mais toujours en recherche de lumière.
La scène villageoise – le chêne desséché, le bénitier réduit en cendres, la figure divine reléguée au loin – devient métaphore de l’absence et du silence, tout en révélant la tension entre foi et désenchantement.
Traduite par Germain Droogenbroodt et Elisabeth Gerlache, cette poésie mêle simplicité et profondeur, offrant une méditation sur la distance entre l’homme et le divin, entre mémoire et effacement.

Photo de Germain Droogenbrood
12 février 1983
Son âge,
quantité de rides.
Avant il n’était pas ainsi ;
il buvait du vin rouge ;
un jour il a pleuré et prié,
jusqu’à voir Dieu en tant que rayonnement
Récemment il est allé au village,
il a vu le chêne desséché,
le bénitier en cendres,
le prêtre herbe
et Allah loin derrière la montagne,
loin, très loin,
invisible.
Fuad Rifka, Syrie 1930-2011
Traduction de Fuad Rifka – Germain Droogenbroodt – Elisabeth Gerlache


