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- VOYAGE

“Riders on the Storm”, Kallatumba Press, San Francisco

Dans ce poème extrait de Riders on the Storm, Gabriel Rosenstock, figure majeure de la poésie irlandaise contemporaine, nous plonge dans une expérience de débordement et de perte de repères.

Portés par le vent, ballotés de toutes parts, les êtres humains se trouvent emportés dans un chaos où respirer, penser, prier ou même pleurer devient impossible. La traduction de Germain Droogenbroodt et Elisabeth Gerlache restitue avec force cette atmosphère d’éternité suspendue, où l’illusion de la fin n’est qu’un commencement. Entre souffle cosmique et vertige existentiel, Rosenstock nous invite à méditer sur la fragilité humaine face aux tempêtes intérieures et extérieures.

Peinture de Jinta Hirayama, Japon

Nous étions tous emportés au loin 



Emportés à droite 
emportés à gauche  
de-ci de-là 
emportés pêle-mêle  
c’était trop agité pour respirer : 
pour réfléchir 
pour prier 
pour pleurer. 
Le temps que cela a duré ? 
peut-être une éternité 
le vent hurlait 
quelqu’un a dit alors 
‘ C’est passé…’ 
Mais cela ne faisait que commencer. 


GABRIEL ROSENSTOCK
, Irlande

Traduction de Germain Droogenbroodt – Elisabeth Gerlache

de “Riders on the Storm”, Kallatumba Press, San Francisco

WE WERE ALL BLOWN AWAY

Blown to the right

Blown to the left

Blown this way and that

Blown headlong

It was too wild to breathe

To think

To pray

To lament

How long did it last?

It seemed like an eternity

The howling wind

Then someone said,

‘It’s over . . .’

But it had only just begun.

GABRIEL ROSENSTOCK, Ireland

Translated by the poet

from “Riders on the Storm”, Kallatumba Press, San Francisco

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