Portés par le vent, ballotés de toutes parts, les êtres humains se trouvent emportés dans un chaos où respirer, penser, prier ou même pleurer devient impossible. La traduction de Germain Droogenbroodt et Elisabeth Gerlache restitue avec force cette atmosphère d’éternité suspendue, où l’illusion de la fin n’est qu’un commencement. Entre souffle cosmique et vertige existentiel, Rosenstock nous invite à méditer sur la fragilité humaine face aux tempêtes intérieures et extérieures.

Peinture de Jinta Hirayama, Japon
Nous étions tous emportés au loin
Emportés à droite
emportés à gauche
de-ci de-là
emportés pêle-mêle
c’était trop agité pour respirer :
pour réfléchir
pour prier
pour pleurer.
Le temps que cela a duré ?
peut-être une éternité
le vent hurlait
quelqu’un a dit alors
‘ C’est passé…’
Mais cela ne faisait que commencer.
GABRIEL ROSENSTOCK, Irlande
Traduction de Germain Droogenbroodt – Elisabeth Gerlache
de “Riders on the Storm”, Kallatumba Press, San Francisco
WE WERE ALL BLOWN AWAY
Blown to the right
Blown to the left
Blown this way and that
Blown headlong
It was too wild to breathe
To think
To pray
To lament
How long did it last?
It seemed like an eternity
The howling wind
Then someone said,
‘It’s over . . .’
But it had only just begun.
GABRIEL ROSENSTOCK, Ireland
Translated by the poet
from “Riders on the Storm”, Kallatumba Press, San Francisco


