Traduction de Benaissa Bouhmala-Germain Droogenbroodt-Elisabeth Gerlache
Entre métaphores de la terre, des arbres et des femmes, il déploie une parole à la fois intime et universelle, où la quête d’un lieu devient quête d’identité. L’assemblée qui applaudit, les « trois super-minutes » de reconnaissance, ne sont qu’un instant fugace face à l’exil et au voyage sans fin.
Traduite par Benaissa Bouhmala, Germain Droogenbroodt et Elisabeth Gerlache, cette poésie résonne comme une méditation sur la justice, la mémoire et l’incessante recherche d’un espace où l’homme puisse véritablement habiter.

Peinture de Biagio Fortini, Italie
Je parle sans cesse
Je parle sans cesse de la différence subtile
entre femmes et arbres, de la magie de la terre,
d’un pays dont je n’ai encore vu le sceau sur aucun passeport.
Je demande : chères dames et très estimés messieurs,
cette terre des hommes est-elle pour tous les hommes comme vous le prétendez ? Où alors se trouve ma cabane et où est-ce que je me situe moi ?
L’assemblée applaudit. Trois super-minutes, trois minutes de liberté
et de reconnaissance…l’assemblée a approuvé notre droit au retour,
comme toutes les poules, tous les chevaux reviennent vers un rêve de pierre.
Je leur serre la main, un à un, m’incline profondément… et continue mon voyage vers un autre pays où je parle de la différence entre un jeu de lumière et la pluie
et demande : chères dames et très estimés messieurs,
la terre des hommes est-elle pour tous les hommes ?
Mahmoud Darwish, Palestine, 1941-2008
Traduction de Benaissa Bouhmala-Germain Droogenbroodt-Elisabeth Gerlache
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