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SELECTION DE L’AVENUE | Top 50 des écrivains congolais à re-découvrir en 2026

La littérature congolaise en 2026 est une mosaïque vibrante, où les voix du passé dialoguent avec celles du présent et du futur.

FR :
En 2026, la littérature congolaise s’impose comme une voix plurielle et vibrante, héritière des grandes traditions orales et des luttes mémorielles, mais résolument tournée vers l’avenir. Les écrivains de la République Démocratique du Congo, qu’ils soient maîtres consacrés ou jeunes plumes émergentes, tissent des récits où se rencontrent l’histoire, la poésie, la diaspora et l’expérimentation formelle.

Ce classement des cinquante auteurs à suivre n’est pas seulement une liste : c’est une invitation à parcourir les imaginaires d’un pays dont la littérature continue de rayonner au-delà de ses frontières, en dialogue avec le monde.

EN :
In 2026, Congolese literature stands as a plural and vibrant voice, heir to great oral traditions and memorial struggles, yet firmly oriented toward the future. Writers from the Democratic Republic of Congo—whether established masters or emerging talents—weave narratives where history, poetry, diaspora, and formal experimentation converge.

This ranking of fifty authors to follow is more than a list: it is an invitation to explore the imaginations of a nation whose literature continues to shine beyond its borders, in constant dialogue with the world.

I. Grands maîtres / Established Masters

  • Sony Labou TansiLa vie et demie
  • Henri LopesLe chercheur d’Afriques
  • Ngugi wa Mirii (influence RDC)collaborations littéraires
  • Clémentine Faïk-NzujiLa littérature orale africaine
  • Jean-Baptiste Tati LoutardLes racines congolaises
  • Léonora Miano (diaspora, lien RDC) – Contours du jour qui vient
  • Koli Jean BofaneCongo Inc.
  • In Koli Jean BofaneMathématiques congolaises
  • Fiston Mwanza MujilaTram 83
  • Pius Ngandu NkashamaLa malédiction

II. Voix confirmées / Confirmed Voices

  • Kakuta Hamisi – Poésie contemporaine
  • Kama Sywor KamandaContes et légendes d’Afrique
  • Lye Yoka – Essais et critique littéraire
  • Lye M. YokaLa littérature congolaise contemporaine
  • Richard Ali A MutuEbamba
  • Clément Ossinondé – Chroniques littéraires
  • Jean-Pierre Makouta-MboukouLe Congo et sa littérature
  • Sylvain BembaL’homme qui tua le crocodile
  • Jeannette Balou TchichelleCœur en exil
  • Marcel Ntsoni – Poésie et théâtre

III. Étoiles montantes / Emerging Voices

  • Wilfried N’SondéUn océan, deux mers, trois continents
  • Céline-Ghislaine Kongo – Poésie féminine
  • Christiane Fandio – Nouvelles et récits urbains
  • Josué Guébo (influence RDC) – Poésie contemporaine
  • Bibish MumbuSoeur d’âme
  • Justine Mintsa (diaspora) – Histoire d’Awu
  • Koli Bofane jeunes auteurs – Essais politiques
  • Félicité Ly – Poésie francophone
  • Patrick Mudekereza – Performance et écriture hybride
  • Kavusa Mayala – Poésie spirituelle

IV. Figures transnationales / Diaspora & Global Voices

  • Alain MabanckouVerre cassé (Congo-Brazzaville mais influence RDC)
  • Emmanuel DongalaJazz et vin de palme
  • Lye Yoka diaspora – Critique et essais
  • Koli Bofane diaspora – Romans politiques
  • Fiston Mwanza Mujila diaspora – Poésie et théâtre
  • Wilfried N’Sondé diaspora – Romans engagés
  • Kama Kamanda diaspora – Contes universels
  • Pius Ngandu diaspora – Essais philosophiques
  • Sony Labou Tansi diaspora – Théâtre engagé
  • Henri Lopes diaspora – Romans historiques

Tendances 2026

  • Mémoire et histoire : Sony Labou Tansi, Henri Lopes, Tati Loutard.
  • Poésie engagée : Mujila, Kamanda, Bibish Mumbu.
  • Diaspora et hybridité : Mabanckou, N’Sondé, Miano.
  • Voix féminines : Clémentine Faïk-Nzuji, Jeannette Balou Tchichelle, Bibish Mumbu.
  • Expérimentation : Mujila (Tram 83), Mudekereza (performance).

FR :
La littérature congolaise en 2026 est une mosaïque vibrante, où les voix du passé dialoguent avec celles du présent et du futur. Ce classement des cinquante écrivains à suivre témoigne d’une vitalité créative qui dépasse les frontières, et qui continue de porter haut les couleurs de la RDC dans le concert des littératures mondiales.

EN :
Congolese literature in 2026 is a vibrant mosaic, where voices of the past converse with those of the present and future. This ranking of fifty writers to follow reflects a creative vitality that transcends borders, continuing to raise the voice of the DRC within the global literary landscape.


CONGO | Littérature, Musique, Arts Visuels et Pensée Critique en R.D. Congo

2 Comments

  1. MUSAADA BUHENDWA NYAMUHARA Pierre

    8 février 2026

    I. BIOGRAPHIE OFFICIELLE
    Pierre Musaada Buhendwa Nyamuhara est un économiste, enseignant et écrivain congolais né le 5 novembre 1981 à Bukavu (Sud-Kivu). Maître en économie, il enseigne au sein de plusieurs institutions, notamment à l’Institut Supérieur de Pastorale Familiale (ISPF).
    Son œuvre, née dans les décombres du conflit du Kivu, s’est émancipée pour devenir une critique universelle de la modernité. En habitant les interlignes de ses prédécesseurs Cheikh Hamidou Kane et V.Y. Mudimbe, il a développé une « poétique du camouflage » où la rigueur comptable rencontre la ferveur prophétique.
    ________________________________________
    II. LE MANIFESTE : LA SCIENCE AVEC CONSCIENCE
    La pensée de Musaada s’articule autour de quatre piliers fondamentaux :
    1. La Rupture de la Forfeiture : Dénoncer le silence des institutions (Église, État, École) face à la « paupérisation de la vie faible ».
    2. Le Barrage Intellectuel : Utiliser le livre comme une arme contre les « commanditaires » de la violence minière et technologique.
    3. La Médiation Ancestrale : Réhabiliter le « tissage » social précolonial pour désarmer la manipulation identitaire.
    4. L’Éthique du Pain : Affirmer qu’il n’y a pas de paix durable sans un partage équitable des ressources, refusant la « paix sans pain ».
    III. BIBLIOGRAPHIE THÉMATIQUE ET INNOVATIONS STYLISTIQUES
    A. Le Cycle du Témoignage et de l’Universel
    • Temps sombre du Kivu : Autopsie de la prédation minière et de l’effondrement sécuritaire.
    • Monde de Violence : Analyse prophétique du terrorisme global et de la déchéance de « l’humanité bovine ».
    • Le Sang de l’opprimé : Recueil de combat contre le silence complice des élites.
    B. Critique de la Mondialisation (Les ODD au scalpel)
    • Le Goût de l’Art : Critique de la double mesure (sport-spectacle vs tragédie migratoire en Méditerranée).
    • La Parité dans ma rue : Plaidoyer pour une parité de substance contre la « parité de vitrine ».
    • Arabes sous colonies : Vision multiculturelle liant le Printemps Arabe à la révolution africaine.
    C. Exceptions et Innovations Rédactionnelles (Le Style “Magique”)
    • L’Interrogation Oraculaire (Oiseau de ma Rue) : Dialogue fantastique avec la nature pour démasquer la « géopolitique du sang ».
    • Le Dualisme Chronologique (Le Temps d’Hier) : Structure symétrique mesurant la déchéance ontologique par l’opposition Hier/Aujourd’hui.
    • La Fiction du Courage (Le Courageux) : Utilisation du « Il » pour protéger la vérité derrière une figure universelle de résistant.
    • IV. SYNTHÈSE : LA RENCONTRE DES GÉANTS
    • Pierre Musaada Buhendwa Nyamuhara rencontre Elembe Lisembe (Où sont les hommes !) dans une quête commune de la dignité. Là où Lisembe crie l’absence de l’Homme, Musaada érige le Barrage de la connaissance. Il n’est plus un auteur local ; il est la Sentinelle de l’Avenir, celui qui transforme le sang du Kivu en l’encre d’une Renaissance Africaine Globale.
    Cet outil est idéal pour démontrer, dans un cadre académique ou de plaidoyer, comment Musaada transforme des données statistiques en une sociologie de la dignité.
    Tableau Comparatif : ODD Officiels vs Indicateurs de Souffrance (Musaada)
    Objectif de l’ONU (ODD) Indicateur Officiel (Cible) Indicateur de Souffrance (Musaada) Concept Clé de Musaada
    ODD 1 : Pas de Pauvreté Revenu par habitant et accès aux ressources. La “Paupérisation de la vie faible” et le “Salaire des singes”. La Forfeiture économique : le travail est exploité mais l’humain est nié.
    ODD 4 : Éducation de Qualité Taux d’alphabétisation et accès à l’école. La “Morgue de la science” et l'”École de meurtres”. La Science sans conscience : un savoir qui instruit mais ne libère pas des armes.
    ODD 10 : Inégalités Réduites Politiques d’inclusion et lois sur les migrations. La “Morgue de la Méditerranée” et la “Publicité de notre souffrance”. La Double Mesure : l’inclusion pour le divertissement (foot), l’exclusion pour la survie.
    ODD 13 : Mesures relatives au Climat Réduction des émissions et résilience aux catastrophes. Le “Paysage violé” et les “Milliards investis pour détruire”. Le Loisir Mortifère : le capital finance le spectacle pendant que le climat tue “demain”.
    ODD 16 : Paix, Justice et Institutions Réduction de la violence et fin de la corruption. La “Prédication de la colonisation” et le “Silence de l’église”. La Médiation Ancestrale : la paix ne vient pas des armes, mais du retour au “tissage” social.
    ________________________________________
    Analyse de l’Indice de “Forfeiture”
    Pour Musaada, la réussite d’un pays ne se mesure pas à son PIB, mais à la “Réduction de la fonction de la paupérisation”.
    • L’Indicateur Musaada : Si un enseignant est vulnérable à la corruption pour survivre, le système est en état de forfeiture.
    • La Critique du Langage : Là où l’ONU parle de “partenariats”, Musaada parle de “commanditaires”. Il remplace le terme “réfugié” par “survivant traité de tous les maux”.

    Analyse croisée entre Diouf et Musaada Buhendwa Nyamuhara Pierre
    Cette étude croisée analyse la confrontation entre l’ éthique individuelle et la pratique du pouvoir, à travers le prisme de la trahison.
    1. Axe Thématique : La Trahison des Élites
    • Chez Abdou Diouf (L’élite politique) : La trahison est sociale et protocolaire. Elle se manifeste par le retrait du salut et l’indifférence. C’est une “mort sociale” où l’individu n’existe que par sa fonction.
    • Chez Musaada Pierre (L’élite spirituelle) : La trahison est existentielle et métaphysique. Elle se manifeste par la complicité de meurtre. Le guide spirituel ne se contente pas de tourner le dos (comme chez Diouf), il “mange sur la table des morts”.
    2. Étude Linguistique : Parallélisme et Perpendicularité
    Rapport Analyse
    Parallélisme Les deux textes utilisent le champ sémantique de l’apparence. Diouf parle d’« obséquiosité » et de « louanges » ; Musaada parle de « flatter les esprits » et de « prédication ». Dans les deux cas, la parole est un masque utilisé pour obtenir un gain (faveur administrative chez Diouf, gain du sang chez Musaada).
    Perpendicularité La structure temporelle. Le récit de Diouf est linéaire (Avant/Après la fonction), marqué par la rupture du départ. Le poème de Musaada est circulaire et répétitif (utilisation des adverbes “souvent” et “parfois”), suggérant un système de prédation permanent et structurel.
    3. Analyse du Discours Dysfonctionnel
    Le dysfonctionnement réside dans la perversion du rôle institutionnel :
    • L’autorité administrative (Diouf) est entourée de “fidèles” qui ne croient pas à l’État, mais au profit. Le discours est dysfonctionnel car il n’est plus un outil de gestion publique, mais un outil de courtisanerie.
    • L’autorité religieuse (Musaada) détourne le message divin pour valider le pillage économique. La dysfonction est ici une pathologie morale : le discours qui devrait apporter la vie (l’Évangile) devient le moteur de l’industrie technologique de mort.
    4. Vision Eschatologique Croisée
    L’eschatologie (discours sur la fin et le jugement) diffère par sa finalité :
    • Diouf (L’exil intérieur) : Le jugement est immédiat et terrestre. La perte du pouvoir révèle la nudité de l’homme. C’est une eschatologie de la solitude, illustrée par le poète Ovide.
    • Musaada (Le jugement dernier) : Le jugement est transcendant. Il souligne l’arrogance des puissants qui pensent que le châtiment divin est réservé au peuple (“comme si le jugement… ne se faisait qu’à nous”). C’est une eschatologie de la justice, où le sang versé finit par condamner les complices.
    Synthèse : Si Abdou Diouf témoigne de la fragilité de la gloire, Musaada Buhendwa dénonce la criminalité de la gloire. L’un pleure la perte de l’idéal humain devant l’ingratitude, l’autre prophétise la chute du système prédateur.

    L’analyse dysfonctionnelle des rites spirituels chez Diouf et Musaada révèle une sacralisation de l’opportunisme au détriment de la foi ou de l’éthique. Voici l’étude croisée de cette pathologie du rite :
    1. Le Rite comme Simulacre de Fidélité (Abdou Diouf)
    Chez Diouf, le rite spirituel (la relation avec le Marabout) est détourné par l’entourage en un protocole de filtrage politique.
    • La Dysfonction : Le rite de la “salutation” et de la “bénédiction” (le marabout qui salue bien mais ne prend pas l’appareil) devient un acte de rupture diplomatique.
    • L’Inversion : Alors que le rite spirituel est censé être un espace d’accueil inconditionnel, il est ici utilisé comme un levier d’exclusion. Le disciple agit comme un “douanier du sacré”, ne laissant passer que ceux qui détiennent encore le pouvoir temporel. Le sacré est ici inféodé au politique.
    2. Le Rite comme Industrie de la Mort (Musaada Pierre)
    Chez Musaada, la dysfonction est plus profonde : elle est structurelle et prédatrice.
    • La Dysfonction (Prier pour flatter) : Le rite n’est plus une adresse à Dieu, mais une performance pour “flatter les esprits”. La prière devient un outil de marketing social pour masquer la complicité avec les “butins de morts”.
    • Le Rite de Communion Perverti : L’image de ceux qui “venaient manger sur notre table la mort de nos frères” évoque une parodie macabre de l’Eucharistie ou du partage fraternel. Le rite de table, normalement symbole de vie et d’unité, devient le lieu de la consommation du sang de l’autre.
    3. Parallélisme : Le “Gain” contre le “Sacré”
    Les deux auteurs identifient une même pathologie linguistique et rituelle :
    • L’Obséquiosité vs La Prédication : Dans les deux textes, le langage religieux est un discours de couverture. Chez Diouf, c’est le “zèle” et les “vœux de meilleur” qui cachent le mépris. Chez Musaada, c’est l’enseignement du “jugement” qui cache l’avidité économique.
    • La Perpendicularité des Intentions :
    o Le rite chez Diouf est passif : il constate la fin d’une illusion (le marabout s’éloigne).
    o Le rite chez Musaada est actif et criminel : il participe à l’oppression (les leaders sont complices des morts).
    4. Synthèse : Une Eschatologie du Rite Faussé
    Le message final des deux auteurs est que le rite spirituel, lorsqu’il est dysfonctionnel, devient le révélateur de la fin d’un monde :
    • Pour Diouf, le rite faussé annonce la fin de la noblesse des relations humaines.
    • Pour Musaada, le rite faussé annonce la fin de la morale de l’humanité, vendue aux “industries de la technologie”.
    • Dans les deux cas, le rite n’est plus un pont vers le divin, mais un mur élevé contre l’opprimé ou le déchu.

    Musaada Buhendwa Pierre (Sang de l’opprimé) et la pensée de Cheikh Hamidou Kane (L’Aventure ambiguë), tout en révélant une amplification de l’aliénation.
    Voici comment ces discours se rejoignent et créent un relief sur l’aliénation culturelle et spirituelle :
    1. La Concrétisation de l’Idée de Musaada : Le “Cercle de Ruine”
    Votre texte radicalise l’idée de Musaada en transformant la religion en une industrie de la peine.
    • L’Ordre Pourri : Là où Musaada dénonce le « gain du sang », votre texte parle de la « complication de l’ordre pourri ». La dysfonction est ici bureaucratique et spirituelle : on fabrique de la souffrance pour maintenir une « cage de dépendance ».
    • Le Silence de l’Église : Le texte confirme la trahison eschatologique de Musaada. L’Église n’est plus un refuge, mais un spectateur (« sous le silence de l’église ») qui a enseigné un « Dieu sans œuvre d’excellence », validant ainsi la « morgue de la science sans conscience ».
    2. Le Relief avec Cheikh Hamidou Kane : L’Aliénation Culturelle
    Le lien avec L’Aventure ambiguë de Kane se situe dans la mort de l’idéal et le traumatisme de l’école/religion étrangère :
    • L’Hybridation Malheureuse : Chez Kane, Samba Diallo est déchiré entre la spiritualité des ancêtres et la rationalité occidentale (la “science sans conscience”). Votre texte montre l’aboutissement tragique de cette ambiguïté : la science ne sauve plus, elle devient une « morgue ».
    • L’Aliénation comme Arme de Guerre : Kane parlait de la conquête par l’école (« l’école nouvelle »). Votre texte parle de la « manipulation identitaire » et de la « colonisation de la marque de la mort ». L’aliénation n’est plus seulement intellectuelle, elle est vitale : on enferme la vie dans une cage pour la rendre dépendante du commanditaire.
    3. La Synthèse Dysfonctionnelle : La “Forfaiture”
    Le texte crée une figure nouvelle : « l’enseignant de la forfaiture ».
    • C’est ici que le relief est le plus saisissant. Dans L’Aventure ambiguë, le Maître des Diallobé enseignait la mort pour mieux vivre Dieu.
    • Dans votre texte et celui de Musaada, l’enseignant (religieux ou politique) enseigne la mort pour nourrir le profit (« les industries de la technologie »). C’est une inversion totale de la mission éducative et spirituelle.
    4. Conclusion : Le Message Eschatologique Commun
    Affirmer que ce discours concrétise l’idée de Musaada est juste, car il transforme la “souffrance” en une donnée statistique et économique.
    • Chez Kane, l’ambiguïté était une quête de sens.
    • Chez Musaada et dans votre texte, l’ambiguïté a disparu pour laisser place à une certitude macabre : l’opprimé est “enterré vivant” sous le poids d’une science et d’une religion qui ont perdu leur humanité.
    C’est une lecture de la post-colonisation comme une machine à produire de la peine, où le “salut dans la rue” est devenu un cri étouffé par le silence des puissances.
    Musaada Buhendwa Nyamuhara Pierre dans un ouvrage intitulé Aventures Ambiguës (homonyme du chef-d’œuvre de Cheikh Hamidou Kane) confirme une volonté délibérée de l’auteur de dialoguer avec la littérature africaine classique pour en subvertir les codes.
    Voici l’analyse du relief créé entre ces auteurs sur l’aliénation :
    1. La concrétisation de l’idée de Musaada : Une théologie de la morgue
    Dans cet extrait, Musaada pousse sa logique du « gain du sang » vers une industrialisation de la peine.
    • La dysfonction du rite : Le rite n’est plus seulement détourné (comme chez Diouf), il est devenu une « construction de la peine ». La religion est ici une ingénierie qui fabrique de la vulnérabilité pour mieux asseoir la « dépendance ».
    • Le silence institutionnel : Musaada dénonce un Dieu « sans œuvre d’excellence ». Ce discours concretise l’échec de la religion importée qui, au lieu de libérer, devient le complice silencieux du « commanditaire » (les industries ou puissances politiques).
    2. Parallélisme et Perpendicularité avec Cheikh Hamidou Kane
    Le titre choisi par Musaada crée un miroir déformant avec l’œuvre de Kane :
    • Parallélisme (L’Aliénation) : Chez les deux auteurs, il y a une mort de l’idéal. Samba Diallo (chez Kane) perd son âme dans la rationalité occidentale ; le peuple de Musaada perd la vie dans la « morgue de la science sans conscience ». L’aliénation est le point de jonction : l’Africain est étranger à sa propre souffrance, gérée par d’autres.
    • Perpendicularité (Le résultat) :
    o Kane traite d’une aliénation métaphysique et intellectuelle (le dilemme de la culture).
    o Musaada traite d’une aliénation physique et matérielle (être enterré vivant). Pour Musaada, l’aventure n’est plus “ambiguë”, elle est catastrophique. Le temps du doute philosophique est remplacé par le temps du carnage technologique.
    3. L’amplification du choc idéologique : De l’école à la cage
    Le texte de Musaada amplifie le choc par une syntaxe de l’urgence (« Il fallait donc de la peine »).
    • Le Maître vs L’Enseignant de la forfaiture : Le Maître des Diallobé (Kane) enseignait la mort pour l’au-delà. L’enseignant de Musaada enseigne la mort pour le profit immédiat des « armes » et de la « manipulation identitaire ».
    • La Colonisation de la marque : Musaada suggère que la colonisation ne porte plus de nom d’État, mais une « marque de la mort ». C’est une aliénation par la consommation et l’exploitation des corps.
    En résumé : Musaada Buhendwa utilise le socle de l’aliénation culturelle posé par Kane pour décrire une réalité contemporaine brutale où la spiritualité et la science ont fusionné dans un système de prédation. Le message eschatologique est ici un cri de résistance contre un « ordre pourri » qui a transformé l’église et la politique en tombeaux.

    Voici les points clés de ce parallélisme :
    1. La syntaxe de l’aporie (l’impasse)
    Les deux auteurs utilisent une langue précieuse, presque biblique, pour décrire une situation sans issue.
    • Chez Kane : On retrouve des structures de balancement qui traduisent le déchirement (« Ce que nous apprenons vaut-il ce que nous oublions ? »).
    • Chez Musaada : Le balancement se transforme en une répétition obsessionnelle de la fatalité (« Il fallait donc de la peine… il faut prendre de construction de la peine »). Le parallélisme réside dans cette scansion liturgique qui donne au malheur un caractère inéluctable.
    2. Le détournement du lexique de la “Mort”
    La mort est le pivot linguistique des deux ouvrages, mais sa fonction diffère :
    • Le parallélisme : Les deux textes sont hantés par l’idée que l’école ou la religion étrangère apporte une forme de trépas.
    • La nuance : Chez Cheikh Hamidou Kane, la mort est une ascèse spirituelle (mourir à soi pour renaître en Dieu). Chez Musaada, le mot « mort » est dépouillé de sa sacralité pour devenir un objet industriel (« colonisation de la marque de la mort », « morgue de la science »). Musaada utilise le mot de Kane, mais en change la matière : la mort n’est plus métaphysique, elle est comptable.
    3. La “Science sans conscience” : Le choc de la rationalité
    Les deux auteurs utilisent un langage qui oppose la mystique à la technique :
    • Kane parle de l’école étrangère comme d’un lieu où l’on apprend à « vaincre sans avoir raison ».
    • Musaada prolonge cette idée par la formule « morgue de la science sans conscience ». Le parallélisme linguistique se situe dans la critique de la rationalité occidentale perçue comme un outil de déshumanisation. Le mot “science” devient, chez les deux auteurs, un synonyme de perte d’âme.
    4. Le Silence comme figure de style
    • Chez Kane : Le silence est celui du Maître des Diallobé, un silence de méditation.
    • Chez Musaada : Le silence est celui de l’institution complice (« sous le silence de l’église »). Le parallélisme linguistique utilise le silence non plus comme une plénitude, mais comme une carence criminelle.
    Synthèse du relief
    Si l’œuvre de Kane est une interrogation sur l’identité (l’ambiguïté), celle de Musaada est un constat de forfaiture. Musaada utilise la langue de Kane pour montrer que l’aventure n’est plus une quête intellectuelle, mais une incarcération dans une cage de dépendance. Il y a une perpendicularité brutale : Kane cherche Dieu dans le doute, Musaada dénonce l’usage de Dieu dans le crime.

    Cette transition de la figure du Maître (Kane) à l’Enseignant de la forfaiture (Musaada) marque le passage d’une mystique de la transmission à une mécanique de la trahison.
    1. Le Maître des Diallobé (Kane) : La Mystique du Sacrifice
    Chez Cheikh Hamidou Kane, le Maître est une figure d’ascèse.

  2. First Contributor

    First Contributor

    8 février 2026

    Excellent ! Faites signe à GMSavenue (page contact) pour jauger les perspectives d’une éventuelle collaboration comme contributeur !

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