L’entretien avec Daniel Roualland révèle un écrivain qui se tient à la croisée des disciplines : philosophie, sociologie, poésie et fiction.
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Roualland, nourri par Platon, Foucault, Kant ou Musil, inscrit son œuvre dans une tradition où la pensée et la narration se renforcent mutuellement.
Parcours et formation : de Platon à Foucault
Roualland évoque le choc du mythe de la caverne dans La République de Platon : une démonstration que les idées se comprennent mieux par l’histoire que par l’abstraction. Cette intuition rejoint Aristote, qui voyait dans la tragédie une forme de connaissance. Plus tard, la lecture de Les mots et les choses de Michel Foucault lui révèle la puissance d’une prose philosophique qui est aussi littérature. Comme Barthes ou Derrida, Roualland perçoit que la pensée exige un style, et que la fiction ne peut se passer d’un « fonds de pensée ».
Voyages et sociologie : l’Europe de l’Est et La Poste
Son voyage en autostop à travers l’Europe de l’Est, au temps du Rideau de fer, lui offre une expérience initiatique comparable aux récits de Nicolas Bouvier (L’usage du monde) ou de Czesław Miłosz. L’hospitalité des villages roumains lui révèle la valeur concrète de ce concept, au-delà des discours. Plus tard, son immersion à La Poste comme psychosociologue rappelle les enquêtes de Pierre Bourdieu ou de Michel Crozier sur les organisations. Les milliers d’entretiens avec des postiers nourrissent son écriture de dialogues vivants, à la manière de Dostoïevski ou de Faulkner, où la voix des personnages devient matière romanesque.
Poésie et méditation des éléments
Dans Bleus à vif, Roualland explore la couleur bleue, rejoignant la tradition symbolique de Goethe (Théorie des couleurs) ou de Kandinsky (Du spirituel dans l’art). Le bleu, mariant ciel et mer, devient une couleur métaphysique, comme chez Yves Klein. Dans Écrits sur le sable, le sablier devient métaphore du temps, rappelant les méditations de Borges sur l’infini et les ruines. Ses poèmes, parfois proches du haïku, s’inscrivent dans une lignée allant de Bashô à Jaccottet, où la brièveté est une forme de profondeur.
Romans et critique sociale
Avec Alexandre Milliardère, le dernier homme, Roualland imagine une saga familiale qui dénonce la course à la richesse. Cette dystopie rappelle les visions de Zola sur le capitalisme, mais aussi les critiques contemporaines de Naomi Klein (La stratégie du choc). La référence à l’Apocalypse de saint Jean lui permet de donner une tonalité prophétique, à la manière de Günther Anders ou de Margaret Atwood. Dans Le voyage en Mai, il interroge la colonisation spatiale, rejoignant Jules Verne et Saint-Exupéry, mais en y ajoutant son expérience de psychosociologue : comment une communauté humaine peut-elle survivre sans s’entretuer ? La science-fiction devient ici une anthropologie expérimentale.
Intime et identité
Dans Disparu des miroirs, Roualland aborde la maladie d’Alzheimer comme métaphore de l’identité brisée. Cette réflexion rejoint les écrits de Philippe Ariès sur la vieillesse, ou encore les méditations de Milan Kundera sur la mémoire et l’oubli. Le miroir brisé devient symbole de l’identité liquide décrite par Zygmunt Bauman. La voix intérieure du personnage, oscillant entre lucidité et brouillard, rappelle les monologues intérieurs de Beckett ou de Joyce.
Sociologie et entreprise
Son livre L’homme qui écoutait les postiers témoigne d’une expérience unique : celle d’un sociologue interne, libre de ses méthodes et de ses analyses. Cette posture rappelle Howard Becker (Les mondes de l’art) ou Erving Goffman (La mise en scène de la vie quotidienne), où l’observation participante devient un outil de compréhension. Roualland insiste sur la modestie nécessaire à ce rôle, rejoignant Max Weber et son éthique de la responsabilité.
Style et influences
Roualland navigue entre poésie, roman, théâtre et essai, comme un héritier de la diversité des genres. Ses influences sont multiples : Julien Gracq, Robert Musil, Flaubert, Faulkner, Dostoïevski, mais aussi les moralistes (La Rochefoucauld, Cioran). L’homme sans qualités de Musil est pour lui un phare, un roman-essai inachevé qui incarne la complexité du monde moderne. Sa poésie, nourrie de Baudelaire, Deguy, Jaccottet, témoigne d’une sensibilité où la contemplation rejoint la critique sociale.
Réception et projets
Son lectorat est varié mais parfois déconcerté par l’hétérogénéité de ses thèmes, ce qui rappelle la réception des œuvres hybrides de Michel Deguy ou de Claude Simon. Ses projets incluent un recueil sur Nantes, des fables (Les Fabliottes), un livre pour enfants, une bande dessinée, des pièces de théâtre. La poésie reste centrale, avec une future méditation sur l’eau, élément universel qui prolonge ses explorations du sable et du bleu.
Une œuvre polymorphe et engagée
Daniel Roualland apparaît comme un écrivain polymorphe, héritier des philosophes, des sociologues et des poètes. Son œuvre est à la fois contemplation et critique, intime et collective, réaliste et visionnaire. Elle rappelle la formule de Musil : « L’homme sans qualités est celui qui a toutes les possibilités. » Roualland, en explorant le bleu, le sable, l’eau, mais aussi les crises du capitalisme et les fragilités de l’identité, nous invite à penser que la littérature est un laboratoire où se joue l’avenir de l’humain.
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INTERVIEW – Daniel ROUALLAND
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PARCOURS ET FORMATION
Vous êtes né à Nantes, où vous avez étudié et enseigné la philosophie. Comment cette discipline a-t-elle nourri votre rapport à l’écriture et à la réflexion littéraire ?
En découvrant La République de Platon et le fameux mythe de la caverne, j’ai appris sans doute que les Idées sont plus vite et mieux comprises au travers d’une histoire bien racontée. Alors peut-être qu’à une pensée convient mieux un certain style d’écriture. Plus tard, en lisant Les mots et les choses, je tomberai sous le charme de la prose de Michel Foucault avant d’avoir la chance de bénéficier de son talent d’orateur au Collège de France. Et j’ai aussi eu l’intuition confuse qu’il n’y avait point de bonne fiction sans un certain fonds de pensée qui la soutiendrait.
Votre voyage en autostop à travers l’Europe de l’Est semble avoir été une expérience marquante, quelles découvertes ou rencontres ont influencé votre regard sur le monde et votre œuvre ?
D’abord la traversée du Rideau de fer pouvait ressembler à un voyage initiatique, avec la découverte, le dévoilement de contrées proprement exotiques pour nous, à savoir les pays dits socialistes et ensuite la possibilité de voyager presque sans argent pendant un mois. De plus, on n’arrivait même pas à dépenser totalement le peu de dollars obligatoirement échangés dans ce monde de consommation très restreinte dont les habitants nous enviaient. Nous qui dénoncions La société de consommation, lecteurs avisés de Guy Debord, apparaissions comme des privilégiés, des enfants gâtés. Des Roumains, dans les villages du delta du Danube pouvaient nous héberger, nous servir des repas en échange de la promesse d’une carte postale de France, à notre retour : une révélation de ce qu’est concrètement l’hospitalité, bien au-delà de son concept. De la Bulgarie à la Pologne, un solide apprentissage sociologique.
Après ce parcours, vous avez intégré La Poste et exercé comme psychosociologue et sociologue ; comment cette immersion dans le quotidien des salariés et des organisations a-t-elle façonné votre écriture ?
Les enquêtes qualitatives à base d’entretiens non-directifs avec des milliers de postiers m’ont familiarisé avec l’expression orale libre, ce qui m’a sans doute incité à écrire des pièces de théâtre et à insérer des dialogues vivants dans les romans et les nouvelles. Et toutes ces rencontres, d’une richesse humaine inestimable sont venues enrichir et densifier la trame de mes fictions.
POÉSIE ET EXPLORATION DES ÉLÉMENTS
Dans Bleus à vif, vous déployez 89 poèmes autour de la couleur bleue. Qu’est-ce qui vous a conduit à explorer une seule couleur dans toutes ses nuances ?
D’abord c’est ma couleur préférée et c’est celle des Européens aujourd’hui, voilà donc une sorte de raison factuelle. Ensuite, je n’ai pas voulu m’éparpiller et j’ai choisi d’approfondir ma méditation personnelle sur cette couleur inspirante.
Le bleu est à la fois matériel, métaphysique et surréel dans votre recueil. Quel est pour vous la dimension la plus essentielle de cette couleur ?
C’est une couleur élémentaire, mariant l’air (le ciel) et l’eau (la mer), symbole de translucidité.
Dans Écrits sur le sable, vous proposez un inventaire poétique du sable. Comment avez-vous travaillé cette matière à la fois fragile et millénaire ?
C’est comme si j’étais parti de l’image concrète du sablier dans lequel le sable sert à égrener le temps des souvenirs personnels et la mémoire de la planète.
Peut-on dire que vos recueils sont des méditations philosophiques autant que des poèmes ?
Oui d’une certaine façon ! Le bleu du ciel étoilé, pour paraphraser Emmanuel Kant, cautionne la loi morale au fond du cœur de l’homme, peut-être. Et mon recueil intitulé Si peu de tant, constitué de quasi haïkus, flirte avec le recueil d’aphorismes publié plus tard sous le titre, Remarques-pages. Mais c’est moins vrai des poèmes de La bibliothèque dans les arbres qui est plus une analyse de perceptions insolites et de touchantes sensations émanant de ma fréquentation des végétaux et des animaux de mon jardin, pendant la période du Covid.
ROMANS ET CRITIQUE SOCIALE
Alexandre Milliardère, le dernier homme est une saga familiale qui dénonce la course effrénée à la richesse et ses conséquences écologiques et sociales. Quelle est la genèse de ce projet ?
Cette dystopie a été conçue et écrite avant le retour de Trump au pouvoir aux USA. Outre la philosophie et la sociologie, je m’intéresse, depuis longtemps, à l’économie et à l’histoire mondiales ainsi qu’à l’anthropologie. Je me suis depuis longtemps interrogé sur la nature, l’évolution du système capitaliste et de ses crises cycliques, et particulièrement sur celle de 2008. Ensuite j’ai tenté de pousser à l’extrême les tendances actuelles de la mondialisation. Enfin, j’ai pris du plaisir à incarner tout cela dans une généalogie familiale.
Vous y décrivez une famille d’entrepreneurs sur cinq générations, menant l’humanité vers la tragédie. Est-ce une métaphore de notre époque contemporaine ?
J’ai relu aussi L’Apocalypse de saint Jean, comme pour m’imprégner du style prophétique qui me semblait consonant avec la science-fiction. C’est donc d’une sorte de réalité-fiction qu’il s’agit.
Dans Le voyage en Mai, vous imaginez une colonisation humaine sur une lune de Mars. Pourquoi avoir choisi la science-fiction pour interroger l’avenir de l’humanité ?
Aujourd’hui des milliardaires imaginent sérieusement pouvoir échapper au désastre terrestre en s’exilant sur une autre planète… Je n’y crois pas du tout et ma fiction, un peu dans la lignée de Jules Verne, creuse certaines modalités rarement étudiées de la vie ou survie d’un groupe humain restreint sur une planète, juste un peu plus grande que celle du Petit prince de de Saint-Exupéry. Et j’utilise mon expérience de psychosociologue praticien pour imaginer une préparation susceptible de rendre possible et durable l’installation d’une petite communauté humaine dans un environnement inconnu voire effrayant, propre à engendrer un désespoir littéralement sidéral. Ou comment ne pas s’entretuer… un avenir plus qu’en pontillé.
Pensez-vous que la littérature peut anticiper ou prévenir certains désastres sociaux et écologiques ?
Non ! Toute forme de prospective produit de l’histoire-fiction. Mais celle-ci, comme le roman SF, peut nous aider à penser que l’avenir de l’humanité n’est écrit nulle part, ce qui est comme une sorte de bonne nouvelle.
INTIME ET IDENTITÉ
Disparu des miroirs raconte l’auto-récit d’Ange Crépon, un homme qui ne se reconnaît plus dans l’image que les autres lui renvoient. Quelle réflexion personnelle se cache derrière ce roman ?
C’est d’abord l’interrogation existentielle, vécue face à un familier atteint de la maladie d’Alzheimer. Comment voit-il, vit-il le monde depuis la désagrégation évolutive de sa personnalité ? On se heurte ici à une véritable incommunicabilité.
Le thème du miroir et de l’identité semble central. Est-ce une métaphore de la difficulté à vieillir ou de la perte de repères dans une société en mutation ?
Oui le symptôme d’Alzheimer peut être vu ici comme une métaphore de l’identité liquide d’individus contemporains conviés pourtant à la recherche d’un ego absolu. Ne nous percevons-nous pas dans un miroir brisé ?
Comment avez-vous travaillé la voix intérieure de ce personnage, entre lucidité et brouillard ?
A la base, il y a des années d’échanges intimes avec une personne réellement dans cette situation et une volonté d’en témoigner, de ma part. Ensuite, ce fut un terrible effort d’imagination pour fantasmer cette éprouvante réalité et lui trouver des mots approchants à mettre dans la bouche d’un personnage totalement fictif.
SOCIOLOGIE ET ENTREPRISE
Dans L’homme qui écoutait les postiers, vous racontez votre parcours de sociologue interne à La Poste. Qu’est-ce qui vous a le plus marqué dans cette expérience ?
Avec le recul, c’est l’audace et la chance d’avoir pu créer et faire perdurer un poste de travail de sociologue interne, postier, à ma guise, et qui n’a jamais été officialisé par l’institution qui l’a cependant tolérée pendant plus de quinze ans. Et puis, c’est la liberté totale qu’on m’a octroyée pour fonctionner comme un sociologue indépendant, totalement libre de ses mouvements, de ses méthodes de travail et de ses propos sur et dans l’entreprise. Parfois je n’en crois pas mes propres souvenirs.
Comment la sociologie peut-elle aider une entreprise à mieux comprendre ses salariés et anticiper les conflits ?
La sociologie peut tendre un miroir aux salariés pour qu’ils accèdent à une représentation collective d’eux-mêmes plus objective, y compris dans leurs diversités (fonctionnaires, contractuels etc.). En ce qui concerne les dirigeants, elle peut apporter à ceux qui veulent se doter de cet outil, par réalisme ou par humanisme, fibre sociale, une juste mesure des effets de leur management. Dans des périodes de perpétuelles réorganisations, de dépossession de leur travail pour les employés et même les cadres, la connaissance sociologique peut permettre d’éviter la brutalisation des agents. L’important, pour moi, c’était la claire séparation des rôles et responsabilités entre sociologue et patrons. Au chercheur d’assumer ses analyses, de les faire connaître de tous les acteurs de l’organisation et aux dirigeants ainsi informés de promouvoir et justifier leurs décisions. Sans doute la modestie convient-elle à ce genre de fonction à l’utilité fragile et indirecte. Cependant cela valait le coup.
Voyez-vous un lien entre votre travail de sociologue et votre écriture littéraire ?
Anecdotiquement, c’est un de mes patrons de La Poste qui m’a poussé à rédiger et faire publier ce premier livre sur mon expérience postale : « Osez écrire ! »
J’ai à cette occasion été confronté au choix d’une structure de récit et d’un ton qui lui convienne. Et par-delà l’effort et le travail que nécessite la fabrication d’un livre, j’ai vu mon goût et mon plaisir de jouer avec les mots, ma satisfaction d’approfondir l’usage de la langue, largement confirmés.
STYLE ET PROCESSUS CRÉATIF
Vous naviguez entre poésie, roman, théâtre et essai sociologique. Comment choisissez-vous le genre le plus adapté à vos idées ?
Il y a chez moi une curiosité envers la diversité des genres littéraires, d’abord comme lecteur puis comme écrivant. Celui qui se risque à écrire est d’abord un héritier. Il vit des legs reçus de tous les grands auteurs qu’il a lus et qu’il cite, recite et/ou retraduit inconsciemment.
Le texte dialogué du théâtre est peut-être pour moi un outil plus percutant, plus direct, pour exprimer des thèses politiques ou esthétiques. Les aphorismes me permettent une incursion dans la philosophie mais sur la pointe des pieds. La nouvelle ou le conte satisfont mon désir de concision, dans la brièveté. Et le livre d’humour, tel le Catalogue illustré de trouvailles insolites, permet de me laisser aller au pur plaisir des jeux de mots.
Quelle est votre méthode d’écriture : plutôt intuitive et spontanée, ou structuré et réfléchie ?
À partir d’une vague préconception de l’ouvrage, il y a tout un travail de recherche des matériaux utilisables. Beaucoup de choses se mettront en place toutes seules dans mon cerveau pendant des nuits. Puis je me lance dans la rédaction sans réfléchir, porté par la dynamique des phrases, des tournures, des sonorités, des couleurs des mots, et, au final, des agencements heureux.
Quel auteurs ou courants littéraires vous inspirent le plus dans votre démarche ?
J’ai des milliers de livres derrière moi et cinquante cahiers de notes de lecture et de citations, un véritable trésor. Mais il y a des auteurs vers lesquels je me retourne plus fréquemment comme Julien Gracq ou Robert Musil, Flaubert, Faulkner et Dostoïevski, sans oublier les moralistes, Joubert, La Rochefoucauld et Cioran. Et de nombreux poètes comme Beaudelaire, Michel Deguy, Philippe Jaccottet, m’habitent. L’homme sans qualités, ce roman-essai, inachevé, inachevable est une sorte de phare dans mon océan littéraire.
RÉCEPTION ET LECTORAT
Comment vos lecteurs réagissent-ils à vos œuvres qui oscillent entre poésie contemplative et critique sociale ?
À de rares exceptons près (quelques lectrices très fidèles), je touche des publics différents selon mes genres de livres. Ainsi, certaines personnes sont-elles imperméables au style de poésie que je propose. Mais de façon plus générale mon lectorat, au demeurant assez restreint, peut être désemparé par l’hétérogénéité des sujets qui m’inspirent et parfois aussi par ma manière singulière de les traiter.
Avez-vous déjà été confronté à des incompréhensions ou des résistances face à vos thématiques engagées ?
Non, les réticences ne portent pas spécialement sur mes écrits « politiques » comme La manif sauvage, Les élections perdues ou Pourquoi je n’ai pas tué Althusser. Les incompréhensions viennent le plus souvent de ma manie de laisser ouverte la conclusion du récit, à charge pour le lecteur d’inventer celle ou celles qu’il voudrait. C’est notamment le cas pour le roman SF, Le voyage en Mai.
Quel type de public souhaitez-vous toucher : les amateurs de poésie, les lecteurs de romans sociaux, ou un lectorat plus large ?
Je vise le lectorat le plus large possible mais je suis bien conscient que mes livres ne sont pas des ouvrages de pur divertissement et demandent un certain engagement de la part du lecteur.
PERSPECTIVES ET PROJETS
Quels sont vos projets littéraires à venir ? Travaillez-vous sur un nouveau recueil ou un roman ?
J’ai dans mes cartons un recueil de poèmes écrit avec une autrice sur la couleur de notre ville natale, Nantes, en quête d’éditeur pour le moment. Et, après la publication du recueil de fables à ma façon, LES FABLIOTTES, j’aimerais écrire un livre pour enfants. Je rêve aussi de trouver un dessinateur pour créer une bande dessinée et un metteur en scène pour mes pièces de théâtre.
Envisagez-vous de revenir à la philosophie ou à la sociologie dans vos prochaines publications ?
Non ! Ce n’est pas au programme pour l’instant.
Quelle place souhaitez-vous donner à la poésie dans votre œuvre futur ?
J’envisage de poursuivre mes méditations sur le sable puis sur le bleu avec une exploration de l’eau, cette fois.
QUESTIONS PERSONNELLES ET PHILOSOPHIQUES
Quelle est votre définition de la couleur bleue, au-delà de ses nuances matérielles ?
Ce serait la couleur de la pensée claire et joyeuse !
Le sable, dans vos poèmes, devient une métaphore du temps et de la mémoire. Quelle est votre propre relation au temps qui passe ?
En ce qui me concerne à présent, c’est aussi une relation avec la vieillesse et l’épuisement de la vie, naturellement. Et je tenterais de répondre à votre question en citant l’aphorisme B200 de mon recueil Remarques-pages : « Vieillard au miroir, tu es persuadé de porter un masque sur ton vrai visage. »



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