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L’Odyssée d’Homère | Chant 2 | Episode 5

Plongez dans les premières pages de *L’Odyssée* d’Homère : une ouverture mythique où se dessinent les thèmes du voyage, de la mémoire et de l’identité. Analyse littéraire et éclairage culturel sur l’un des récits fondateurs de la civilisation occidentale.

L'odyssée illustration visuelle 8

Maintenant, je suis plus grand, et j’ai écouté les conseils des autres
hommes, et la colère a grandi dans mon cœur. Je tenterai donc
de vous apporter la kèr fatale, soit en allant à Pylos, soit ici, par
le peuple.

Certes, je partirai, et mon voyage ne sera point inu
tile. J’irai sur une nef louée, puisque je n’ai moi-même ni nef, ni
rameurs, et qu’il vous a plu de m’en réduire là.


Ayant parlé, il arracha vivement sa main de la main d’antinoos.

Et les Prétendants préparaient le repas dans la maison. Et ces jeunes hommes orgueilleux poursuivaient Tèlémakhos de paroles outrageantes et railleuses :

– Certes, voici que Tèlémakhos médite notre destruction, soit qu’il
ramène des alliés de la sablonneuse Pylos, soit qu’il en ramène de
Spartè. Il le désire du moins avec ardeur. Peut-être aussi veut-il
aller dans la fertile terre d’Ephyrè, afin d’en rapporter des poisons
mortels qu’il jettera dans nos kratères pour nous tuer tous.


Et un autre de ces jeunes hommes orgueilleux disait :

– Qui sait si, une fois parti sur sa nef creuse, il ne périra pas loin
des siens, ayant erré comme Odysseus ?

Il nous donnerait ainsi un plus grand travail. Nous aurions à partager ses biens, et nous
donnerions cette demeure à sa mère et à celui qu’elle épouserait.


Ils parlaient ainsi. Et Tèlémakhos monta dans la haute chambre
de son père, où étaient amoncelés l’or et l’airain, et les vêtements
dans les coffres, et l’huile abondante et parfumée. Et là aussi
étaient des muids de vieux vin doux.

Et ils étaient rangés contre le mur, enfermant la boisson pure et divine réservée à Odysseus
quand il reviendrait dans sa patrie, après avoir subi beaucoup de
maux.

Et les portes étaient bien fermées au double verrou, et une
femme les surveillait nuit et jour avec une active vigilance ; et c’était Eurykléia, fille d’Ops Peisènôride.

Et Tèlémakhos, l’ayant appelée dans la chambre, lui dit :

– Nourrice, puise dans les amphores le plus doux de ces vins par
fumés que tu conserves dans l’attente d’un homme très-mal
heureux, du divin Odysseus, s’il revient jamais, ayant évité la kèr
et la mort. Emplis douze vases et ferme-les de leurs couvercles.
Verse de la farine dans des outres bien cousues, et qu’il y en ait
vingt mesures.

Que tu le saches seule, et réunis toutes ces provi
sions, je les prendrai à la nuit, quand ma mère sera retirée dans
sa chambre, désirant son lit.

Je vais à Spartè et à la sablonneuse Pylos pour m’informer du retour de mon père bien-aimé.


Il parla ainsi, et sa chère nourrice Eurykléia gémit, et, se lamen
tant, elle dit ces paroles ailées :

– Pourquoi, cher enfant, as-tu cette pensée ? Tu veux aller à travers
tant de pays, ô fils unique et bien-aimé ?


Mais le divin Odysseus est mort, loin de la terre de la patrie, chez
un peuple inconnu.

Et les prétendants te tendront aussitôt des
pièges, et tu périras par ruse, et ils partageront tes biens.

Reste donc ici auprès des tiens ! Il ne faut pas que tu subisses des maux
et que tu erres sur la mer indomptée.

Et le prudent Tèlémakhos lui répondit :

– Rassure-toi, nourrice ; ce dessein n’est point sans l’avis d’un dieu.
Mais jure que tu ne diras rien à ma chère mère avant onze ou
douze jours, à moins qu’elle me demande ou qu’elle sache que je
suis parti, de peur qu’en pleurant elle blesse son beau corps.


Il parla ainsi, et la vieille femme jura le grand serment des dieux.


Et, après avoir juré et accompli les formes du serment, elle puisa
aussitôt le vin dans les amphores et versa la farine dans les outres
bien cousues.


Et Tèlémakhos, entrant dans sa demeure, se mêla aux Prétendants.
alors la déesse athènè aux yeux clairs songea à d’autres soins.
Et, semblable à Tèlémakhos, elle marcha par la ville, parlant aux
hommes qu’elle avait choisis et leur ordonnant de se réunir à la
nuit sur une nef rapide. Elle avait demandé cette nef rapide à
Noèmôn, le cher fils de Phronios, et celui-ci la lui avait confiée
très-volontiers.

Et Hèlios tomba, et tous les chemins se couvrirent
d’ombre.

Alors athènè lança à la mer la nef rapide et y déposa les
agrès ordinaires aux nefs bien pontées.

Puis, elle la plaça à l’extrémité du port. Et, autour de la nef, se réu
nirent tous les excellents compagnons, et la déesse exhortait cha
cun d’eux.


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