Chapitre I – L’idée d’un jardin
À Abidjan, le lycée Sainte-Marie préparait sa fête de la Saint-Valentin. Les élèves parlaient de décorations, de musiques, de poèmes. Mais Léa, dix-sept ans, voulait autre chose. Elle n’aimait pas les roses artificielles ni les ballons rouges. Elle rêvait d’un geste qui dure.
Moussa, son camarade de classe, la rejoignit sous le manguier de la cour.
— Tu sembles ailleurs, dit-il.
— Je pense à la Saint-Valentin. Et si, au lieu de fleurs qui fanent, on plantait un vrai jardin ?
Moussa sourit. Il aimait les idées de Léa, toujours différentes.
— Un jardin d’amour ? Pourquoi pas.
Chapitre II – La préparation
Ils présentèrent leur projet au professeur de biologie : planter des arbres et des fleurs dans un coin abandonné du lycée. Le professeur accepta avec enthousiasme.
Les autres élèves furent intrigués. Certains se moquèrent :
— Vous croyez que planter des graines, c’est romantique ?
Mais Léa répondit calmement :
— L’amour, c’est aussi prendre soin. Et un jardin, c’est une promesse qui grandit.
Moussa ajouta :
— Chaque plante peut symboliser un lien, une amitié, une histoire.
Chapitre III – Les premières graines
Le samedi suivant, Léa et Moussa se retrouvèrent avec des sachets de graines, des arrosoirs et des outils. Ils commencèrent à nettoyer le terrain. Les autres élèves les regardaient de loin, hésitant à participer.
Sous le soleil d’Abidjan, ils creusèrent, plantèrent, arrosèrent. La terre était dure, mais leurs rires rendaient le travail léger.
— Tu crois que ça va pousser ? demanda Moussa.
— Oui, répondit Léa. Parce que nous y mettons notre cœur.
Chapitre IV – Les confidences au jardin
Au fil des jours, le jardin devint leur refuge. Ils y passaient des heures, parlant de leurs rêves. Moussa voulait devenir médecin, pour soigner les gens. Léa rêvait d’être écrivaine, pour raconter des histoires qui guérissent aussi.
Un soir, Moussa dit :
— Tu sais, Léa, ce jardin, c’est plus qu’un projet. C’est… notre histoire.
Léa rougit. Elle comprit que derrière les mots, il y avait une déclaration.
Chapitre V – La fête de la Saint-Valentin
Le jour de la fête arriva. Au lieu de ballons et de confettis, les élèves découvrirent un jardin verdoyant. Des fleurs colorées, des jeunes arbres, des plantes qui s’élevaient vers le ciel.
Léa prit la parole :
— Voici notre cadeau. Chaque plante est une preuve que l’amour peut grandir, si on en prend soin.
La foule applaudit. Même les sceptiques furent touchés.
Chapitre VI – Les saisons du cœur
Les mois passèrent. Le jardin grandissait. Les élèves venaient y lire, discuter, se reposer. Il devint un lieu de rencontre, un symbole du lycée.
Léa et Moussa continuaient à s’y retrouver. Leur amitié se transformait en amour discret. Ils n’avaient pas besoin de mots. Le jardin parlait pour eux.
Chapitre VII – L’épreuve
Un jour, une tempête frappa Abidjan. Le vent arracha des branches, la pluie inonda le sol. Le jardin fut abîmé. Léa pleura en voyant les fleurs couchées.
Moussa la consola :
— Ne t’inquiète pas. L’amour, comme les plantes, peut se relever.
Ils retroussèrent leurs manches et replantèrent, réparèrent, soignèrent. Peu à peu, le jardin reprit vie.
Chapitre VIII – La révélation
Un soir, alors qu’ils arrosaient les plantes, Moussa prit la main de Léa.
— Tu sais, ce jardin est notre secret. Mais je veux que tu saches… je t’aime.
Léa sourit, les larmes aux yeux.
— Moi aussi, Moussa. Et je veux que notre amour grandisse comme ces racines.
Chapitre IX – L’héritage
Des années plus tard, Léa devint écrivaine. Son premier roman s’intitulait “Les racines de l’affection”. Elle y racontait l’histoire de ce jardin, de Moussa, de leur amour qui avait poussé dans la terre rouge d’Abidjan.
Moussa, devenu médecin, revenait souvent au lycée. Le jardin était toujours là, plus grand, plus fort. Les élèves continuaient à y planter de nouvelles fleurs.
Lors d’une cérémonie, Léa lut un extrait de son livre :
— “L’amour est comme une graine. Il faut le planter, le nourrir, le protéger. Et alors, il devient un arbre qui abrite nos vies.”
Prix GMSavenue pour la Découverte / Première œuvre de l’année


