GMSavenueTM
Dans cette interview exclusive, l’auteur se confie sur son processus d’écriture, ses inspirations, et les enjeux émotionnels qui traversent son roman. Entre engagement littéraire et regard intime sur les relations humaines, Moussa Lomé nous invite à réfléchir sur ce qui nous lie, nous protège, et parfois nous sauve.
Sur votre identité
Comment vous présenteriez-vous ? (généralement, et ensuite en tant qu’auteur)
Je me nomme Moussa LOME. Après avoir fait mon cursus moyen et secondaire entre le CEM Gaïndé Fatma et le lycée de Mbacké, j’ai fait mes humanités à l’UGB de Saint-Louis en Lettres, Arts et Communication et les ai parachevées à l’UPJV d’Amiens, dans les Hauts-de-France.
En tant qu’auteur, L’aile protectrice d’une fratrie, paru à L’Harmattan en 2021, reste un moment fort où, en tant qu’auteur, je fus replongé dans la plénitude des merveilles d’un univers particulier pour retracer force souvenances de l’altruisme d’une personne qui a réellement existé, qui est notre première source d’inspiration. En gros, j’ai bien voulu que nos réalités exotiques & ésotériques, un échange civilisationnel et quelques réflexions innovantes s’exhalent de ce premier ouvrage.
Lien du livre : https://senegal.harmattan.fr/index.asp?navig=catalogue&obj=livre&no=70592

Sur l’œuvre
Qu’est-ce qui vous a inspiré l’écriture de L’Aile protectrice d’une fratrie ?
L’écriture de L’aile protectrice d’une fratrie m’a été inspirée par le parcours de ma maman, je me suis inspiré directement du cocon familial. En effet, rappelée à Dieu il y a de cela plus de vingt ans, cette dame de vertu et de rigueur, de tête et de cœur, méritait, à mon humble avis, le tout premier hommage que je rendrai en tant qu’auteur.
Pourquoi avoir choisi Keyna Traoré comme figure centrale du récit ?
Keyna Traoré, comme vous vous en êtes certes aperçu à la lecture de l’ouvrage, reste non seulement le personnage principal mais aussi l’alpha et l’oméga du récit : un sérieux rapport de forces s’est inéluctablement instauré entre bassesses et mansuétude, le tout avec Keyna Traoré comme élément clé dans la trame du récit. D’un point de vue onomastique, Traoré coïncide à Diop et il en est de même pour tous les autres noms des autres personnages.
La fratrie semble être un pilier du roman. Que représente-t-elle pour vous, personnellement ou symboliquement ?
Oui ! La fratrie, cinq bouts de bois de Dieu laissés par Keyna, pourrait avoir tout à
gagner en évoluant comme les cinq doigts d’une main. Pour moi, symboliquement et personnellement, elle aura été d’une importance capitale dans la construction et
l’évolution du récit. Mais également, la fratrie est un prolongement de l’ombre de Keyna Traoré, qui n’a de cesse planer autour de leur évolution dans le roman.
Le quartier des HLM Grand-Dakar est très présent dans le récit. Que souhaitiez-vous transmettre à travers ce décor ?
Oui ! Il s’agit du milieu dans lequel Keyna Traoré a grandi dans la vraie vie aux côtés de sa tante et homonyme, avant de devoir, par la suite rejoindre Dala N’gabou (qui symbolise Touba), pour ses obligations familiales. À travers ce décor, j’ai juste voulu démontrer que cette perception manichéenne selon laquelle grandir dans ces quartiers équivaut à la perte de valeurs est à prendre avec des pincettes. Via l’exemple de Keyna Traoré, j’ai bien voulu prouver le contraire.
Le style du roman est décrit comme élégant et lumineux. Comment avez-vous travaillé la langue pour incarner cette atmosphère ?
J’ai eu des retours allant dans ce sens et j’en suis heureux. Oui, pour l’écriture, je m’attelle, autant que faire se peut, à la rendre certes accessible au large public, mais aussi maculée d’une certaine élégance. Pour cette fois, j’ai eu à cœur de confiner ce voyage dans les contours d’un cadre poétique tout aussi pittoresque qu’enthousiasmant.
Sur Keyna Traoré
Keyna est décrite comme douce, belle et protectrice. Est-elle inspirée d’une personne réelle ou d’un idéal littéraire ?
Oui ! Comme je vous l’ai dit plus haut, c’est ma maman. Pour l’avoir connue, côtoyée, aimée voire adorée, j’ai cru bon, même en me basant sur la réalité, qu’avec cette part fictive, de lui rendre un hommage assez appuyé.
Elle est l’alpha et l’oméga de sa fratrie. Peut-on la voir comme une figure maternelle, voire sacrificielle ?
Elle est une figure maternelle qui aura tout donné pour que tout roule comme sur des roulettes parmi les siens. En effet, la fratrie n’est que la face immergée de l’iceberg et c’est pour cela que même sa famille biologique et celle par alliance ont profité de sa mansuétude
Comment avez-vous construit son évolution au fil des péripéties du roman ?
Tout au cours des péripéties du roman, soit de ma naissance jusqu’au rappel à Dieu de l’héroïne, j’ai construit le récit en basant sur ce qu’elle m’aura raconté, de son vivant et que je ne savais pas du fait que j’étais trop jeune, et de ce que j’ai vécu directement.
Sur votre parcours
Vous êtes spécialisé en sciences du langage et en littérature antique, française et comparée. Comment ces disciplines influencent-elles votre écriture ?
À l’UPJV, avant mes travaux doctorales, j’ai pu valider un Master en Linguistique, Langues, Textes et Échanges et un autre en Littérature Antique, Française et Comparée. En effet, ma formation me semble assez avantageuse dans le cadre de mes travaux en tant qu’auteur et elle influence, à n’en pas douter, ma plume. Selon mon humble avis, le talent ne suffit pas mais en le travaillant au jour le jour, tout pourrait couler de source.
Y a-t-il des auteurs ou des traditions littéraires qui ont marqué votre style ou votre vision du roman ?
Oui ! Trois auteurs m’ont particulièrement marqué, du point de vue du style et concernant ma vision du roman : Jean-Pierre Makouta-Mboukou, auteur de Les Exilés de la forêt vierge ou le Grand Complot, Mariama Bâ et Abdoulaye Sadji.
Sur la réception et les enjeux
Quel accueil espérez-vous pour ce roman, au Sénégal et au-delà ?
Pour ce roman, L’aile protectrice d’une fratrie, je l’ai fait publier pour que l’histoire soit connue ici au Sénégal et un peu partout dans le monde. Par ricochet, j’ai daigné croire, de par la grâce de Dieu, à tout accueil encourageant qui participerait à la continuation de ma carrière.
Pensez-vous que la littérature peut jouer un rôle dans la revalorisation des liens familiaux et communautaires ?
Oui ! Très sincèrement, la littérature est d’une utilité sans commune mesure dans
l’optique d’une revalorisation des liens familiaux et communautaires. En effet, à l’idée de peindre des us et coutumes d’une société donnée, revaloriser une culture quelconque voire retracer des parcours assez inspirants, la littérature devient instamment incontournable.
Quels thèmes aimeriez-vous explorer dans vos prochaines œuvres ?
Dans le tout prochain, que je suis en passe de finir, il va s’agir d’un hommage à la tête
d’affiche des Patriotes, Monsieur Ousmane SONKO inchallah ! Mais également, la
vie et l’œuvre d’un saint homme de seront revisitées à travers une nouvelle plus tard.
Sur GMSavenue
Que pensez-vous du genre littéraire de la Nouvelle ?
La Nouvelle m’intéresse également et j’ai lu beaucoup de Nouvelles. Je crois que, du fait de l’unité d’action et de la concision, le genre littéraire de la Nouvelle offre bien des pistes de réflexion en tant qu’auteur.
Seriez-vous intéressé par l’écriture de nouvelles exclusives pour notre public ?
Oui, bien sûr ! Nous verrons bien comment nous pourrions collaborer inchallah !
Suivez nous sur X


