Match littéraire : Nigeria vs Tunisie
Wole Soyinka vs Fawzi Mellah
Thème : Théâtre du sacré et méditation politique
Round 1 : Rites et révoltes
- Soyinka, dramaturge yoruba et prix Nobel, inscrit son théâtre dans les mythologies africaines. Dans La mort et l’écuyer du roi ou Les Bacchantes africaines, il convoque les dieux, les masques, les sacrifices. Le sacré est vivant, conflictuel, politique. Il écrit pour exorciser les tyrannies, pour réveiller les consciences.
- Mellah, écrivain et diplomate tunisien, explore les tensions entre spiritualité et pouvoir dans des récits méditatifs. Dans Le prophète des temps perdus ou La nuit du destin, il interroge les figures prophétiques, les silences mystiques, les dérives du religieux. Son théâtre est intérieur, contemplatif, mais toujours engagé.
Round 2 : Langue et élévation
- Soyinka manie l’anglais avec une densité rituelle. Sa langue est baroque, incantatoire, traversée par les rythmes yoruba. Il fait du théâtre un espace de transe, de conflit sacré, de catharsis collective. Chaque mot est une offrande, chaque scène un rituel.
- Mellah écrit en français avec une sobriété mystique. Sa langue est limpide, mais chargée de symboles. Il privilégie les silences, les méditations, les dialogues intérieurs. Son théâtre est une prière politique, une quête de sens dans un monde désorienté.
Round 3 : Politique et sacré
- Soyinka politise le sacré. Il montre comment les mythes peuvent être détournés par les régimes, mais aussi comment ils peuvent servir à libérer. Son théâtre est une lutte entre le divin et le profane, entre la mémoire et l’oubli.
- Mellah sacralise le politique. Il interroge les figures du pouvoir comme des figures mystiques : prophètes, rois, traîtres. Sa méditation est critique, mais jamais cynique. Il cherche à réconcilier l’éthique et le spirituel, dans une langue qui élève.
Round final : Qui gagne ?
Ce match est une ascension.
- Soyinka nous offre un théâtre du feu, du rite, de la révolte sacrée.
- Mellah nous donne un théâtre de la lumière, du silence, de la conscience méditative.
Deux dramaturgies du sacré, deux méditations politiques, deux manières de faire du théâtre un lieu de vérité. Ensemble, ils dessinent une cartographie du sacré africain — entre transe et contemplation.



