Une consécration attendue pour un roman d’ampleur
Ce mardi 4 novembre, au restaurant Drouant à Paris, le jury du Prix Goncourt a couronné La Maison vide de Laurent Mauvignier, publié aux éditions de Minuit. L’auteur de 58 ans, déjà salué pour Ce que j’appelle l’oubli et Des hommes, signe ici une œuvre monumentale de 750 pages, élue dès le premier tour avec six voix contre quatre.
Ce roman, considéré comme le plus ambitieux de la rentrée littéraire, plonge dans les racines familiales de l’auteur, à travers une maison de campagne en Touraine, théâtre des joies, des silences et des blessures de quatre générations. Mauvignier y explore les zones d’ombre de son arbre généalogique, les non-dits, les héritages invisibles, et les cicatrices laissées par les guerres du XXe siècle.
Une maison comme matrice de mémoire
La Maison vide n’est pas seulement un lieu : c’est un personnage, un témoin, un sanctuaire abandonné que l’auteur réinvestit pour combler les absences. À la frontière du réel et de la fiction, Mauvignier transforme cette bâtisse en laboratoire narratif, où se mêlent introspection, histoire sociale et quête identitaire.
« C’est un livre qui vient de l’enfance et de plusieurs générations », a confié l’auteur, ému, à son arrivée chez Drouant. Ce roman est aussi un hommage à la France rurale, à ses silences, ses traditions, ses effacements.
Une écriture au sommet de son art
Le jury a salué une œuvre « fondamentale », à la fois intime et universelle, où la langue de Mauvignier atteint une intensité rare. Son style, à la fois tendu et poétique, donne chair aux fantômes du passé et aux voix oubliées. La Maison vide s’impose comme un aboutissement littéraire, une synthèse de ses obsessions : la mémoire, la filiation, la fracture sociale, le poids du non-dit.
Avec cette récompense, Laurent Mauvignier succède à Kamel Daoud (Houris, 2024) et entre dans le cercle restreint des écrivains Goncourt. Les ventes de son roman devraient exploser dans les semaines à venir, confirmant son statut d’auteur majeur de la scène littéraire française.
Un Goncourt qui fera date
Ce Goncourt 2025 consacre non seulement un livre, mais une œuvre, une voix, une fidélité à la littérature exigeante et profondément humaine.



