Contexte historique : l’âge des règles et de la clarté
Le classicisme s’épanouit en France au XVIIe siècle, sous le règne de Louis XIV, et s’étend jusqu’au XVIIIe siècle. Dans un monde marqué par la centralisation monarchique et l’essor des académies, la littérature devient un art codifié. L’objectif est de refléter l’ordre, la clarté et la raison, en opposition aux excès baroques.
Les principes du classicisme
Le classicisme repose sur des règles strictes :
- Les trois unités (temps, lieu, action) au théâtre.
- La vraisemblance et la bienséance, pour éviter l’excès et préserver la dignité.
- La clarté et l’équilibre, comme idéal esthétique.
La littérature classique cherche à élever l’esprit en disciplinant l’imagination.
Racine et la tragédie de la passion maîtrisée
Jean Racine incarne la perfection tragique classique. Dans Phèdre, Andromaque ou Bérénice, il explore les passions humaines avec une rigueur formelle. Ses héros sont prisonniers de leurs désirs, mais la langue reste pure, équilibrée, presque cristalline.
Molière et la comédie sociale
Molière, maître de la comédie, peint les travers de son époque. Le Misanthrope, Tartuffe ou L’Avare sont des miroirs de la société française, où l’humour devient une arme critique. Sa comédie classique allie rigueur formelle et satire universelle.
Boileau et l’art poétique
Nicolas Boileau codifie les règles du classicisme dans son Art poétique. Il impose la clarté, la mesure et la raison comme critères de beauté. Boileau devient le législateur du goût littéraire, garant de l’ordre esthétique.
Héritage et influence
Le classicisme a marqué durablement :
- Il a façonné l’enseignement littéraire en France et en Europe.
- Il a inspiré les Lumières, qui reprendront l’idéal de clarté pour le mettre au service de la raison critique.
- Il reste une référence pour la dramaturgie et la poésie, où l’équilibre et la rigueur sont encore valorisés.
La littérature classique est une architecture de mots, construite sur l’ordre et la raison. Racine, Molière et Boileau ont donné à la langue française une clarté universelle, qui continue de définir l’idéal littéraire. Le classicisme est moins une époque qu’un modèle : celui de la discipline esthétique au service de la vérité humaine.
Top 10 des auteurs du Classicisme (17e–18e siècle)
Le classicisme est l’art de l’ordre, de la clarté et de la raison. Voici les 10 figures majeures qui ont incarné ce courant littéraire en France et en Europe.
1. Jean Racine
Maître de la tragédie classique, auteur de Phèdre, Andromaque et Bérénice. Ses pièces explorent les passions humaines avec une rigueur formelle.
2. Pierre Corneille
Dramaturge français, auteur du Cid et d’Horace. Ses héros incarnent la grandeur et les dilemmes de l’honneur.
3. Molière
Maître de la comédie, auteur de Tartuffe, Le Misanthrope et L’Avare. Il peint les travers humains avec humour et lucidité.
4. Nicolas Boileau
Poète et critique, auteur de L’Art poétique. Il codifie les règles du classicisme et impose la clarté et la mesure comme critères esthétiques.
5. Jean de La Fontaine
Auteur des Fables, il allie la tradition antique à une critique sociale subtile. Ses récits animaliers sont devenus universels.
6. Madame de Sévigné
Épistolière française, célèbre pour ses lettres qui décrivent avec finesse la vie mondaine et politique du XVIIe siècle.
7. Bossuet
Orateur et écrivain religieux, auteur des Oraisons funèbres. Il incarne la grandeur rhétorique du classicisme.
8. La Bruyère
Moraliste français, auteur des Caractères, où il observe et critique les comportements humains avec clarté et ironie.
9. Pascal
Philosophe et écrivain, auteur des Pensées. Il incarne la rigueur intellectuelle et la profondeur spirituelle du classicisme.
10. Fénelon
Écrivain et théologien, auteur de Les Aventures de Télémaque, roman pédagogique qui illustre les idéaux classiques de sagesse et de mesure.
Le classicisme est une architecture littéraire fondée sur l’ordre et la raison. Racine, Molière, Boileau et La Fontaine ont donné à la langue française une clarté universelle, tandis que Bossuet, Pascal et Fénelon ont porté la pensée et la morale à un sommet.


