Interview Exclusive : Quand l’imaginaire rencontre la plume –
Malik Diop est né en 2004 à Rufisque, au Sénégal. Étudiant en lettres modernes à l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar, il se passionne très tôt pour l’écriture comme espace de résistance, de mémoire et de rêve. Nourri par les récits oraux de ses grands-parents et les lectures de son adolescence — d’Aimé Césaire à Chimamanda Ngozi Adichie — il développe une plume vive, poétique, parfois indocile.
L’éveil des lucioles est son premier roman, écrit entre deux semestres mouvementés, dans les bus, les bibliothèques bondées, et les silences d’insomnie. À travers ce texte, il interroge l’exil, les liens familiaux et la quête de lumière au milieu des ténèbres.
Militant d’une littérature jeune, décomplexée et ouverte sur le monde, Malik anime aussi des ateliers d’écriture dans des lycées, et rêve d’un jour publier une revue 100 % étudiante.
Il vit à Dakar, écrit entre minuit et l’aube, et croit que chaque mot bien placé peut faire reculer la nuit d’un pas.
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1. Journaliste : Bonjour Malik, merci d’être avec nous aujourd’hui.
2. Malik : Merci à vous, c’est un vrai honneur.
3. Journaliste : Tu n’as que 21 ans et déjà un roman publié. Impressionnant.
4. Malik : Je crois surtout que j’ai eu des choses trop urgentes à dire pour attendre plus longtemps.
5. Journaliste : Parle-nous un peu de L’éveil des lucioles.
6. Malik : C’est un roman sur la mémoire familiale, la fuite, et la lumière qu’on cherche tous au milieu du chaos.
7. Journaliste : Le titre est poétique. Pourquoi les lucioles ?
8. Malik : Parce qu’elles brillent quand tout est noir. Comme mes personnages.
9. Journaliste : Tu te décris comme un “auteur en colère”. Pourquoi ?
10. Malik : Parce qu’on écrit souvent pour survivre à l’injustice. Pas par vanité.
11. Journaliste : Tes influences littéraires ?
12. Malik : Toni Morrison pour la force, Camus pour la clarté, et Sony Labou Tansi pour le feu.
13. Journaliste : Ce sont de grandes références. Tu n’avais pas peur de l’échec ?
14. Malik : Si. Mais la peur est un carburant formidable.
15. Journaliste : Écrire à 21 ans, c’est aussi se confronter au doute…
16. Malik : Et à l’impatience. Mais j’écris pour rester en vie.
17. Journaliste : Ton personnage principal, Demba, est-il ton double littéraire ?
18. Malik : Non. C’est mon frère d’ombre. Il fait ce que je n’ose pas.
19. Journaliste : Tu parles souvent de silence dans le roman. Pourquoi ?
20. Malik : Parce qu’il est bruyant. Plus que les mots.
21. Journaliste : Le récit se déroule entre Dakar et Naples. Un lien personnel ?
22. Malik : Mes racines sont dakaroises. Mais mes rêves parlaient italien.
23. Journaliste : Tu écris à la main ou à l’ordinateur ?
24. Malik : Les deux. Mais les premières phrases, toujours au stylo. Pour sentir la résistance du papier.
25. Journaliste : Le chapitre 7 est bouleversant. Tu l’as écrit d’un trait ?
26. Malik : En larmes. Je ne me relis jamais quand j’écris ce genre de passage.
27. Journaliste : As-tu eu peur que le livre ne trouve pas d’éditeur ?
28. Malik : J’y croyais tellement que j’étais prêt à le publier moi-même.
29. Journaliste : Tes amis lisent-ils ton roman ?
30. Malik : Certains me redécouvrent. D’autres ne lisent pas. Et c’est OK.
31. Journaliste : Que réponds-tu à ceux qui disent que tu es trop jeune pour écrire quelque chose de « profond » ?
32. Malik : Je leur offre une luciole.
33. Journaliste : Tu es aussi engagé sur les réseaux. Un choix stratégique ?
34. Malik : Un choix instinctif. L’écriture doit sortir du livre parfois.
35. Journaliste : Ton roman mélange prose poétique et langage brut. C’est voulu ?
36. Malik : Oui. Je voulais une langue vivante, indisciplinée. Comme la jeunesse.
37. Journaliste : Et l’amour dans ton roman ?
38. Malik : Il est discret. Mais essentiel. Comme un souffle.
39. Journaliste : Est-ce que ce livre t’a changé ?
40. Malik : Oui. J’ai enterré des fantômes et réveillé des lucioles.
41. Journaliste : Tu te vois écrivain toute ta vie ?
42. Malik : Je me vois vivant. Écrivain, c’est ma façon d’y arriver.
43. Journaliste : L’écriture t’isole ou te libère ?
44. Malik : Les deux. Mais j’écris mieux seul, entouré de voix imaginaires.
45. Journaliste : Tu travailles sur un autre projet ?
46. Malik : Oui. Un roman choral sur des exilés dans un aéroport.
47. Journaliste : Quelle scène de L’éveil des lucioles t’a le plus marqué ?
48. Malik : Celle où Demba parle à sa mère en rêve. J’ai mis des semaines à l’écrire.
49. Journaliste : Tu relis souvent ton propre roman ?
50. Malik : Non. Je préfère le laisser vivre loin de moi.
51. Journaliste : Une phrase que tu aimerais qu’on retienne ?
52. Malik : “Même les silences savent aimer.”
53. Journaliste : Quel conseil pour un jeune qui veut écrire ?
54. Malik : Qu’il écoute. Et qu’il désobéisse un peu.
55. Journaliste : Un mot pour tes lecteurs ?
56. Malik : Merci d’avoir ouvert ce livre. Et peut-être un peu votre cœur aussi.
57. Journaliste : Et pour toi, Malik, que représente ce roman ?
58. Malik : Une luciole dans la nuit. La première. Pas la dernière.


