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BELGIQUE | Entretien avec Germain Droogenbroodt -Pressenti pour le Prix Nobel de Littérature

Dialogue profond et nuancé, allant de la philosophie à l’actualité, de la traduction à l’engagement, et de la reconnaissance internationale à la vision universelle de la poésie.

iTW : « 33 pays, 31 prix : la voix d’un poète sans frontières » Germain DROOGENBROODT


Il est des voix poétiques qui, par leur constance et leur ouverture, deviennent des passerelles entre les cultures, des phares dans l’obscurité des temps troublés. Germain Droogenbroodt appartient à cette lignée rare. Poète, traducteur, éditeur et infatigable voyageur, il incarne une vision universelle de la poésie, où la méditation se conjugue à l’engagement, et où la clarté se marie à la profondeur.

Né en Flandre, nourri dès l’adolescence par la découverte des langues et des horizons étrangers, il a très tôt compris que la poésie ne se limite pas à un territoire ou à une langue, mais qu’elle est un souffle qui circule, se transforme et se recrée. Ses recueils ont été publiés dans trente-trois pays, traduits dans des dizaines de langues, et couronnés par plus de trente prix internationaux. Invité chaque année aux plus grands festivals de poésie, recommandé par ses pairs pour le prix Nobel de Littérature, Germain Droogenbroodt est devenu une figure incontournable de la scène poétique mondiale.

Sa poésie, brève et limpide, puise dans les traditions philosophiques grecques, romaines, allemandes et chinoises, tout en dialoguant avec les sensibilités taoïstes et zen. Elle se distingue par une capacité rare à dire l’essentiel sans emphase, à offrir des images méditatives qui touchent autant le lecteur occidental que les critiques asiatiques. Ses poèmes, souvent qualifiés de « clairs et intemporels », sont le fruit d’un travail patient, où chaque mot est pesé, chaque silence habité.

Mais Germain Droogenbroodt n’est pas seulement un contemplatif. Humaniste engagé, il inscrit sa poésie dans le présent : les guerres, les crises climatiques, les mutations technologiques, l’intelligence artificielle. Ses vers deviennent alors des témoins, des alertes, des gestes de solidarité. Qu’il s’agisse de récitals pour l’Ukraine, de concerts au profit des victimes de Gaza, ou de projets éditoriaux pour faire entendre les voix palestiniennes et ukrainiennes, il rappelle que la poésie peut être à la fois refuge et action, lumière et arme douce.

Son rôle d’éditeur et de traducteur, à travers la maison POINT (POésie INTernationale) et le projet « Poésie sans Frontières », prolonge cette mission : diffuser gratuitement des poèmes en quarante-quatre langues, donner la parole aux auteurs des pays moins traduits, et contribuer à une meilleure compréhension entre les humains. Pour lui, traduire la poésie n’est pas transposer, mais recréer, prolonger le souffle dans une autre langue.

À travers ses réponses, Germain Droogenbroodt nous invite à réfléchir au rôle de la poésie dans le monde contemporain : refuge, arme, lumière, passerelle. Et à redécouvrir, avec lui, cette vérité simple et essentielle : « Quel bonheur d’offrir du bonheur aux gens, même si ce n’est qu’avec des mots. »


– EXCLUSIVITE GMSAVENUE –

Interview avec … Germain Droogenbroodt


Dans cet entretien, nous explorerons les multiples facettes de son parcours : l’enfant curieux devenu poète universel, l’éditeur qui a façonné un regard international, le traducteur qui recrée les voix des autres, l’humaniste qui inscrit la poésie dans l’actualité brûlante, et l’auteur qui continue de croire que les mots peuvent offrir du bonheur.

A Germain, Merci infiniment d’avoir accepté cet échange avec GMSavenue !

Bonjour !

Votre poésie est souvent qualifiée de profonde et philosophique, sans être compliquée. Comment parvenez-vous à maintenir cet équilibre entre profondeur et clarté ?


Le poète Allemand Reiner Kunze duquel j’ai appris la breveté a dit ce n’est pas puisque ma poésie est plus courte que celle de mes collègues que j’ai travaillé moins. Elle est plus courte puisque j’ai travaillé plus. C’est la même chose pour écrire des poèmes non compliqués, mais profonds.  Il faut travailler plus pour écrire des poèmes non compliques, mais profonds.

Les critiques chinois voient en vos poèmes une dimension taoïste, tandis que les Japonais les rapprochent du Zen. Comment recevez-vous ces lectures culturelles de votre œuvre ?


J’ai aussi été invité comme poète des douzaines de fois aux festivals de poésie en Chine, en Formose et au Japon ou j’ai aussi donné des lectures aux universités.
Après ces lectures tant les poètes comme les critiques l’ont confirmé. En Chine j’ai été invité deux fois au congrès I-ching ou les 30 poèmes de mon recueil la Voie, traduit par Bei Dao, le plus important poète chinois contemporain, a été publié avec titre TAO. Au Japon ou entre cinq autres livres, deux recueils de haiku ont été publiés originalement, l’éditrice de mes livres a écrit :  Vos poèmes sont merveilleux. Aucun autre poète occidental ne possède le type de poésie qui transmet le sens de l’illumination, de la résignation et de l’impermanence qu’ont les bouddhistes. Je serais heureux que cela se répande dans le monde entier.


Vous avez été nourri par la lecture des philosophes grecs, romains, allemands et chinois. Quelle influence précise ces traditions exercent-elles sur votre écriture poétique ?

 Je pense, puis j’écris. C’est surtout la lecture des œuvres des philosophes qui m’ont inspiré d’écrire des poèmes assez philosophiques. Les philosophes m’ont appris à penser. Aussi mes nombreux voyages en Chine, Formose, Corée, Japon, Inde ou j’ai expérimenté aussi d’autre religions, d’autres philosophies.

 Vos récents recueils abordent des thèmes brûlants comme le climat, les guerres à Gaza et en Ukraine, ou l’intelligence artificielle. Comment la poésie peut-elle dialoguer avec l’actualité sans perdre sa dimension intemporelle ?


Malheureusement il y a toujours eu des guerres. Bien qu’écrit pour Gaza, par exemple le poème avec titre Une victime, pourrait être écrit pour n’importe quelle victime de guerre de la passée et du futur : … pincé les lèvres/car le temps était trop court/pour une salutation d’adieu/pour une dernière prière. Et le climat et l’intelligence artificielle, je ne pense pas que les problèmes se vont régler bientôt au contraire, ils vont laisser leurs traces.

Vous avez reçu ce mois quatre prix internationaux, dont en Chine, en Italie et en Corée. Que représentent pour vous ces reconnaissances multiples, et comment nourrissent-elles votre parcours ?

J’ai reçu des douzaines de prix internationaux de poésie. Bien entendu, ça me fait plaisir, mais l’information du jury, confirmant que ma poésie est claire, équilibrée et intemporelle confirme que je reste encore sur la bonne route.

Vous avez été éditeur et traducteur de poésie moderne internationale pendant plus de trente ans. En quoi cette expérience a-t-elle façonné votre regard sur la création poétique ?


Comme éditeur de poésie moderne internationale j’étais obligé de chercher et de lire beaucoup de poésie internationale, par conséquent ce n’est pas la poésie néerlandophone, flamande ou hollandaise qui m’a influencé – une exception pour un poète néerlandophone – mais la poésie étrangère. En plus, comme j’ai traduit une quarantaine de recueils de poésie étrangère ça ma forcé d’entrer profondément dans la poésie d’autres poètes, d’autres cultures, d’autres religions. Ma poésie n’est pas du tout « néerlandophone ».  

Votre projet Poésie sans Frontière diffuse gratuitement des poèmes en 44 langues. Quelle vision du rôle universel de la poésie se cache derrière cette initiative ?


Plus que jamais, la poésie est la plus honnête expression de ce qui se dit ou s’écrit.
Tant les publications de ma maison d’éditions POINT (POésie INTernationale) comme les publications du projet Poésie sans Frontières ont comme but de publier ce que les poètes – de préférence de langues/pays moins traduits – ont écrits sur la vie  des habitants de leurs pays. Entre autres des poèmes du poète nationale de
 l’Ukraine et du plus important poète Palestine Mahmoud Darwish. L’idée est de faire avec la traduction et publication de poésie internationale quelque chose, si peu que ce soit, pour une meilleure compréhension entre les humains, quelque soit leur nationalité, race ou religion. 

La traduction est au cœur de votre travail. Pensez-vous que traduire la poésie, c’est recréer une œuvre, ou prolonger son souffle dans une autre langue ?


Effectivement, la traduction de poésie est une récréation. Très correctement le grand poète Bosniaque Izet Sarailic que j’ai publié et connu personnellement se demandait : pourquoi les critiques (et le professeurs) n’écrivent pas de la poésie s’ils en savent tant ? En allemand on ne dit pas Übersetzen (traduire) pour la traduction de poésie, mais Nachdichten. Dichten es écrire de la poésie. Effectivement, une bonne traduction de poésie est une récréation, pas une traduction. Donc les meilleurs traducteurs de poésie sont normalement des poètes. Il y a des exceptions.

Vous avez publié chez L’Harmattan plusieurs recueils. Qu’est-ce qui vous attire dans cette maison d’édition et dans son ouverture internationale ?


Comme la publication de poésie n’est pas très rentable. La plupart des éditeurs demandent maintenant aux poètes ou de payer les frais d’édition ou d’acheter un grand nombre des livres publiés. Mes recueils ont été publiés dans 33 pais et je n’ai pas du payer pour les publications. Au festival Internacional de poésie à Shanghai j’avais rencontré un des collaborateurs de l’ Harmattan qui ont publié deux de mes recueils. Malheureusement, ils demandent maintenant aussi l’achat d’un grand nombre de livres.  
 

Votre poésie est décrite comme méditative et philosophique, mais aussi engagée. Comment conciliez-vous contemplation et action dans votre écriture ?


J’aimerai bien écrire et publier seulement de la poésie méditative et philosophique (et aussi des poèmes d’amour, dont j’ai aussi écrit un recueil dans le temps), mais comme humaniste, la souffrance des êtres humains, entre autres la guerre en Ukraine et le génocide à Gaza, me touche. J’ai organisé en collaboration avec la ville un concert bénéficiaire avec récital de poésie pour Ukraine et offert le revenu de la vente de mes recueils aux concerts que j’organise ici aux victimes de Gaza (par Médecins sans Frontières).  

L’intelligence artificielle et les influences digitales apparaissent dans vos poèmes récents. Quelle place accordez-vous à ces mutations technologiques dans la réflexion poétique ?

Un couteau peut être utilisé pour cuisiner, mais aussi pour blesser et tuer. Ainsi les programmes digitaux et l’intelligence artificielle puissent offrir des choses positives, mais malheureusement aussi tromperie et addition. En plus, les programmes de traductions ne sont pas fiables pour la poésie. Quelques de mes  poèmes mettent en garde contre leur influence négative.

Enfin, quel serait pour vous le rôle idéal de la poésie dans le monde contemporain : un refuge, une arme, une lumière, ou une passerelle entre les cultures ?


Pour les personnes pour lesquels, comme l’a écrit dans le temps le grand poète chinois Li Tao Po, leur monde n’est plus le monde actuel, la poésie peut être un refuge, un peu de lumière dans l’obscurité, une passerelle entre les cultures.
Tant avec la traduction et la publication de poésie, y compris la mienne, j’essaie de faire quelque chose si peu que ce soit pour un meilleur, pour un monde plus humain.
Et comme le poète allemand Waldemar Bonsels écrivait :  Quel bonheur d’offrir du bonheur aux gens, même si ce n’est qu’avec des mots.


On a parlé …de

L’entretien avec Germain Droogenbroodt a mis en valeur à la fois la profondeur philosophique et l’ouverture universelle de son œuvre :

L’universalité et la rencontre des cultures

  • « La poésie comme passerelle entre les cultures »
  • « Germain Droogenbroodt : un souffle universel »
  • « La civilisation de l’universel par les mots »
  • « Quand la poésie devient langage commun »

La dimension philosophique et méditative

  • « La clarté comme exigence de profondeur »
  • « Penser, puis écrire : la philosophie en poème »
  • « La poésie, refuge et lumière dans l’obscurité »
  • « Entre Tao et Zen : l’art de la simplicité »

Son engagement et l’actualité internationale

  • « La poésie face aux guerres et aux crises »
  • « Écrire pour Gaza, traduire pour l’Ukraine »
  • « Quand la poésie dialogue avec l’urgence du monde »
  • « L’art de transformer la souffrance en parole universelle »

Son parcours et sa reconnaissance

  • « De Flandre au monde : itinéraire d’un poète universel »
  • « 33 pays, 31 prix : la voix d’un poète sans frontières »
  • « Germain Droogenbroodt, l’art de recréer la poésie »
  • « Une vie consacrée à la poésie internationale »

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